6 novembre 2009 10h00
La loi de l'Ontario sur la confiscation des biens au civil, la Loi sur les recours civils, confère au procureur général le pouvoir de demander au tribunal de rendre une ordonnance civile en vue d'immobiliser un bien, d'en prendre possession et de le confisquer au profit de la Couronne s'il est établi qu'il constitue le produit ou l'instrument d'une activité illégale.
Un produit est un bien, comme de l'argent, acquis à la suite d'une activité illégale. Un instrument est un bien qui sera probablement utilisé pour commettre une activité illégale à l'avenir, comme une maison servant à une exploitation de culture de marijuana. Les biens comprennent tous les types d'actif, comme les biens-fonds immobiliers, les voitures et l'argent comptant.
En Ontario, la législation en matière de confiscation au civil se base uniquement sur le lien entre le bien et l'activité illégale. Elle ne dépend pas d'accusations ou d'une condamnation au pénal. La norme de preuve exigée pour la confiscation civile est la même que pour toutes les actions civiles : la prépondérance des probabilités.
COMMENT FONCTIONNE LA LOI SUR LA CONFISCATION DES BIENS AU CIVIL
La procédure de confiscation des biens au civil démarre lorsqu'une institution désignée, comme la police ou un ministère du gouvernement, présente un dossier à l'autorité d'examen, un avocat de la Couronne indépendant au ministère du Procureur général. Cet avocat décide si les critères prévus par la Loi sur les recours civils sont satisfaits. Une fois ce point vérifié, le dossier est transmis au Bureau du recours civil à l'égard d'activités illicites, qui est responsable de l'exécution de la loi.
Les avocats du Bureau du recours civil à l'égard d'activités illicites saisissent les tribunaux au nom du procureur général. Le tribunal peut rendre une ordonnance provisoire en vue d'immobiliser les biens, pour éviter qu'ils soient utilisés, hypothéqués ou vendus, en attendant l'issue de l'instance de confiscation. Si les avocats du Bureau du recours civil à l'égard d'activités illicites parviennent à prouver que le bien en question est le produit ou l'instrument d'activités illégales, le tribunal peut rendre une ordonnance exigeant la confiscation du bien au profit de la Couronne.
Les biens confisqués qui ne sont pas de l'argent comptant sont liquidés et les fonds, y compris l'argent comptant confisqué, sont déposés dans un compte spécial. Les victimes directes d'une activité illégale qui a conduit à la confiscation peuvent ensuite déposer une demande d'indemnisation à même ces fonds. Les fonds restants peuvent être dépensés pour financer des programmes et initiatives de soutien qui aident les victimes d'activités illégales ou préviennent la victimisation.
RÉSULTATS DE LA CONFISCATION AU CIVIL
Le Bureau du recours civil à l'égard d'activités illicites de l'Ontario s'est forgé une réputation nationale et internationale par son travail exemplaire. Depuis novembre 2003, les biens ainsi confisqués par la province au profit de la Couronne atteignent une valeur totale de 11,2 millions de dollars. La province détient environ 40 millions de dollars en biens immobilisés en vertu de la loi, en attendant l'achèvement de la procédure de confiscation au civil.
En vertu de la Loi sur les recours civils, le procureur général a :