24 août 2010 12h31
Document d'information technique
Dans le cadre de son plan exhaustif visant à renforcer le système de revenu de retraite pour les Ontariennes et les Ontariens, la province tentera d'obtenir l'approbation de l'Assemblée législative afin de développer les réformes adoptées dans la Loi de 2010 modifiant la Loi sur les régimes de retraite et de moderniser davantage les lois sur les pensions en Ontario.
Ces réformes viendraient également s'ajouter à l'appel lancé par l'Ontario en vue d'une modeste expansion du Régime de pensions du Canada, ainsi qu'à ses pourparlers avec les autres gouvernements concernant les innovations dans le secteur des pensions qui pourraient contribuer à diminuer les coûts et à faciliter l'accès à des régimes à cotisations déterminées.
Des modifications réglementaires seraient également nécessaires pour la mise en œuvre de la plupart de ces propositions. Afin de maintenir l'ouverture et la transparence du processus, une version préliminaire des règlements sera publiée dans le Registre de la réglementation afin que les intervenants puissent les examiner.
Les propositions suivantes sont fondées sur les principes annoncés dans le Budget 2010 et les recommandations de la Commission d'experts en régimes de retraite (la Commission). Elles reflètent les consultations avec les intervenants, les discussions avec les membres de l'Institut canadien des actuaires et les commentaires du Conseil consultatif des régimes et revenus de retraite. Plusieurs des réformes seraient mises en œuvre progressivement afin que les promoteurs des régimes, les administrateurs et les autres intervenants aient le temps de s'adapter.
Modernisation des règles régissant la capitalisation
Le gouvernement propose de modifier les règles régissant la capitalisation des régimes de retraite en Ontario comme suit :
Renforcer les cotisations requises
En raison du rendement inférieur à la normale des marchés boursiers et des taux d'intérêt à long terme peu élevés, bon nombre de régimes de retraite à prestations déterminées ne sont plus entièrement capitalisés. Si les règles relatives à la capitalisation étaient renforcées, les régimes seraient en meilleure position pour résister aux replis des marchés et les prestations promises seraient mieux protégées.
Dans le cadre des recommandations de la Commission, le gouvernement propose de resserrer les règles régissant l'évaluation de l'actif et du passif des régimes de retraite en limitant l'utilisation de méthodes d'étalement (calcul des moyennes) et en limitant « l'exclusion des prestations ». En particulier, le gouvernement envisage de changer les règles afin :
Amélioration du cadre relatif aux « suspensions des cotisations »
Lorsqu'une « suspension des cotisations » est en cours, les règles actuelles n'exigent pas sa divulgation. La Commission a affirmé que « (l)es renseignements sur les suspensions des cotisations sont indispensables pour les organismes de réglementation et tous les participants à un régime ».
Par conséquent, le gouvernement fait les propositions suivantes :
Accélération du financement des majorations aux prestations d'une manière qui encourage la prudence et améliore la sécurité des prestations
La Commission a noté que les règles actuelles permettaient le financement sur 15 ans des majorations aux prestations. Elle suggère plutôt qu'elles devraient être « déterminé(e)s et financé(e)s non seulement au complet, mais aussi sans délai".
Pour améliorer la sécurité des prestations, le gouvernement propose d'exiger que les majorations aux prestations soient financées sur un maximum de huit ans et selon une approche de continuité.
Lorsque le ratio de transfert d'un régime de retraite serait inférieur à 85 pour cent ou serait financé à moins de 85 pour cent selon une approche de continuité après que les majorations sont apportées :
Clarification du droit à l'excédent
La Commission a observé que « (l)es employeurs, les participants actifs et les retraités sont en conflit sur l'utilisation et la répartition de l'excédent depuis le milieu des années 1980 ». Des débats de longue date concernant le droit à l'excédent et les procès coûteux qui en découlent fréquemment soulignent la nécessité de la réforme d'un processus qui, selon la Commission, est « inutilement lourd, long et cher ».
Pour corriger les problèmes liés au droit à l'excédent, le gouvernement fait les propositions suivantes :
Modification des exigences relatives à la capitalisation pour les régimes de retraite interentreprises (RRI) et les Régimes de retraite conjoints à prestations déterminées (RRC) qui satisfont des critères spécifiques
La Commission a indiqué qu'il « importe que les différences significatives entre les régimes se reflètent dans les détails des exigences réglementaires ». Spécifiquement, elle a recommandé que « les RRC et les RRI devraient disposer d'une certaine marge de manœuvre », citant la gouvernance conjointe, le partage des risques, la capacité de réduire les prestations et l'absence d'une couverture dans le cadre du Fonds de garantie des prestations de retraite (FGPR) comme des raisons légitimes d'instaurer des règles différentes relatives à la capitalisation. Reconnaissant ces différences, le gouvernement fait les propositions suivantes :
o la totalité ou une partie des conditions déjà établies pour les Régimes de retraite interentreprises ontariens déterminés;
o une représentation des membres retraités dans la gouvernance du régime;
o un mécanisme de réduction des prestations permettant de combler les manques de fonds des régimes en vigueur en temps opportun;
o un processus de répartition de l'actif lorsque le régime est sous-capitalisé lors de sa liquidation complète;
o tous les membres doivent travailler dans des territoires où le régime est admissible à une exonération permanente de capitalisation de solvabilité; et
o améliorer la divulgation faite aux membres et aux membres retraités;
Rendre le FGPR plus durable
Depuis 1980, le FGPR de l'Ontario a fourni aux retraités et aux membres de régimes de retraite une certaine protection de leurs prestations lorsque les régimes ne contiennent pas une capitalisation suffisante pour verser les prestations promises au moment de leur liquidation. En général, le fonds prévoit une prestation « complémentaire » maximale de 1 000 $ par mois.
La Commission a recommandé que le FGPR s'auto-finance. Les cotisations actuelles au FGPR sont aussi basses que 1 $ par membre d'un régime par an, sans cotisation minimale par régime de retraite. Il existe également un maximum de 100 $ par membre et une cotisation maximale de 4 millions de dollars pour les régimes de retraite déficitaires. Ces maximums ont permis aux régimes possédant un déficit de solvabilité important de bénéficier de la couverture du FGPR à des tarifs réduits. Pour atténuer le risque financier et mettre le FGPR en position financière plus durable, le gouvernement envisage une stratégie en quatre parties qui reconnaît la nécessité de la participation de tous les intervenants :
1. Augmenter les réserves du FGPR
2. Augmenter les recettes du FGPR
o Établissant un seuil de cotisation de 250 $ par régime de retraite couvert par le FGPR;
o Augmentant la cotisation de base par membre du régime en la faisant passer de 1 $ à 5 $;
o Augmentant la cotisation maximale par membre du régime dans des régimes de retraite sous-capitalisés en la faisant passer de 100 $ à 300 $; et
o Éliminant le plafond global de cotisations pour les régimes de retraite sous-capitalisés.
Si ces propositions avaient été en vigueur l'an dernier, elles auraient permis de recueillir des cotisations supplémentaires de 30 millions de dollars en 2009.
3. Prolonger les périodes de report de l'admissibilité
4. Réduire les risques
La Commission a
encouragé le gouvernement à augmenter les prestations complémentaires dans le
cadre du FGPR, en les faisant passer de 1 000 $ à 2 500 $
par mois. Cependant, la Commission a également indiqué que « les
prestations ne peuvent pas être augmentées sans une parfaite connaissance des
coûts associés ». Étant donné l'augmentation considérable des cotisations
qui serait requise pour faire passer le niveau de garantie à 2 500 $
par mois et les défis que doit affronter le FGPR avec sa structure actuelle, le
gouvernement ne propose pas d'augmentation à l'heure actuelle.
Assouplissement
temporaire des règles de capitalisation de solvabilité pour certains régimes de
retraite du secteur parapublic
Certains employeurs du secteur parapublic se rendent compte qu'ils devront verser des paiements spéciaux relatifs à la solvabilité qui pourraient avoir un effet négatif sur les services de première ligne au public. Pour protéger ces services essentiels et mettre les régimes de retraite sur une voie plus durable pour l'avenir, le gouvernement propose de laisser davantage de temps pour rembourser les déficits de solvabilité, pourvu que les employeurs du secteur parapublic prennent les mesures nécessaires pour rendre leurs régimes de retraite plus durables. Selon l'annonce du 5 août 2010, ces propositions devraient être mise en œuvre par certaines universités ontariennes.
Assouplissement en deux étapes
Un processus en deux étapes est proposé pour fournir aux employeurs, aux membres et à leurs représentants l'occasion de négocier des changements aux plans qui permettraient d'assurer leur durabilité à long terme. Les régimes à prestations déterminées et les régimes hybrides participants dont la capitalisation est inférieure à 90 pour cent entreraient dans la première étape de l'assouplissement en présentant au ministère des Finances un plan décrivant la manière dont la durabilité des régimes de retraite pourrait être améliorée.
Reconnaissant que les dispositions de bon nombre de régimes de retraite sont incorporées à des conventions collectives, les employeurs du secteur parapublic devront négocier avec les membres du régime et leurs représentants afin d'améliorer la durabilité de leurs régimes de retraite. Comme l'indique le Budget 2010, les changements apportés aux régimes pourraient comprendre, par exemple, des augmentations des taux de cotisation pour les membres du régime, des majorations prospectives des prestations ou une conversion à un coparrainage pour service futur. Les prestations accumulées, y compris les prestations payables aux membres retraités, ne pourraient pas être réduites.
Les propositions de changement à la réglementation s'appliqueraient rétroactivement aux régimes pour la première évaluation déposée le 31 décembre 2009 ou après cette date.
Mise en œuvre de modernisations supplémentaires
Dans son rapport, la Commission a admis la nécessité d'une mise en œuvre progressive de ses nombreuses propositions. Elle a également présenté un argument convaincant en faveur de l'innovation dans le secteur des pensions et d'un examen régulier de la Loi sur les régimes de retraite. Le gouvernement présente également les propositions suivantes :
o Permettre aux employeurs d'avoir recours à des lettres de crédit irrévocables d'une institution financière afin de couvrir jusqu'à 15 pour cent du passif de solvabilité;
o Permettre le paiement de prestations variables (semblables à un fonds de revenu viager) par des régimes à cotisations déterminées;
o Permettre des régimes de retraite à prestations déterminées « flexibles », tels que le permet la Loi de l'impôt sur le revenu (Canada), qui donne aux membres l'occasion d'acheter certaines prestations améliorées sans affecter leur droit de cotisation dans le cadre de leur régime enregistré d'épargne-retraite; et
o Permettre aux régimes à prestations déterminées d'amortir les paiements spéciaux relatifs à la solvabilité et à l'approche de continuité pendant une période commençant au plus tard un an après la date d'évaluation.
o Examiner avec les intervenants intéressés (y compris Finance Canada, les fonctionnaires responsables des régimes de retraite dans d'autres territoires et l'Institut canadien des actuaires), la faisabilité, la conception et la mise en œuvre de « régimes à prestations cibles » à employeur unique et régis conjointement pour les employés représentés par des syndicats ou des « organismes de type syndical ».
o Accorder au Surintendant les pouvoirs nécessaires pour nommer un nouvel administrateur dans certaines situations.
o Permettre le paiement de dépenses raisonnables à partir du fonds de pension, sauf si les dispositions du régime l'interdisent; et
o permettre au ministre des Finances de se joindre au Projet d'accord sur les régimes de retraite relevant de plus d'une autorité gouvernementale qui fournirait un cadre juridique clair pour la réglementation des régimes de retraite relevant de plus d'une autorité gouvernementale.
o Mettre en œuvre des changements parallèles aux changements apportés par le gouvernement fédéral aux règles relatives aux placements dans les régimes de retraite et continuer d'examiner le caractère approprié de la règle du 30 pour cent pour les placements dans les régimes de retraite.
Étapes suivantes
Si ces propositions sont adoptées par l'Assemblée législative - et si les règlements requis entrent en vigueur -, cela permettra de répondre à une proportion importante des recommandations de la Commission d'experts. Les recommandations restantes feront l'objet d'un examen en vue de leur inclusion dans des réformes futures.
À cette fin, le gouvernement continuera de consulter les intervenants en matière d'enjeux relatifs à la réglementation des régimes de retraite d'employeur en Ontario. Le gouvernement continue d'accueillir avec plaisir les commentaires sur la manière dont les institutions de réglementation pourraient être améliorées afin que les réformes des régimes de retraite en cours puissent être améliorées et mises en œuvre de la façon la plus efficace possible.