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Réduire l'utilisation des insecticides de la classe des néonicotinoïdes afin de protéger les pollinisateurs

Document d'information

Réduire l'utilisation des insecticides de la classe des néonicotinoïdes afin de protéger les pollinisateurs

 Le 25 novembre 2014

Pourquoi les pollinisateurs sont-ils importants?

Les pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans l'agriculture et dans l'environnement. Bon nombre de cultures et de plantes à fleurs qui dépendent des pollinisateurs sont des sources importantes de nourriture, d'habitat, d'abris et d'autres ressources tant pour les êtres humains que pour la faune. La majorité des plantes ne peuvent pas produire de graines et de fruits si le pollen n'est pas transporté par les pollinisateurs.

Les abeilles, qui comptent plus de 700 espèces indigènes au Canada, constituent le pollinisateur le plus commun. Les pollinisateurs domestiques et les pollinisateurs sauvages jouent un rôle essentiel dans la production de la majorité des fruits et des légumes et dans la reproduction des plantes à fleurs.

Les colonies d'abeilles de l'Ontario sont responsables de la pollinisation des récoltes d'une valeur approximative de 897 millions de dollars, sur un total de quelque 6,7 milliards de dollars - soit 13 % de la valeur totale des récoltes. L'Ontario compte 3 000 apiculteurs enregistrés gérant 100 000 colonies d'abeilles. Le miel produit par ces abeilles représente une industrie de 26 millions de dollars. En outre, les colonies d'abeilles de l'Ontario sont transportées vers l'est du Canada, où elles pollinisent bleuets et canneberges. La récolte de ces fruits rapporte environ 71 millions de dollars.

Pourquoi faut-il protéger les pollinisateurs?

Les abeilles et autres pollinisateurs subissent des pressions provenant de quatre secteurs principaux : la perte d'habitat et de sources de nutrition; l'exposition aux pesticides; le changement climatique et les conditions météorologiques; les maladies, les parasites et la génétique. 

Les apiculteurs de l'Ontario ont connu des pertes inhabituellement élevées au cours de l'hiver dernier, atteignant jusqu'à 58 %. Les mortalités hivernales d'abeilles ont atteint une moyenne de 34 % au cours des 12 dernières années. Selon les apiculteurs, le niveau de mortalité jugé acceptable et viable est de 15 pour cent.

L'on a également signalé une augmentation des taux élevés de mortalités pendant les mois d'été. En 2012, environ 240 ruchers ont signalé des mortalités chez les abeilles. Ce nombre est passé à 340 ruchers en 2013. L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) rapporte que des résidus d'insecticides de la classe des néonicotinoïdes ont été trouvés chez environ 70 % des années abeilles mortes analysées en 2012 et 75 % des abeilles analysées en 2013.  

De nombreux facteurs peuvent avoir un effet sur la santé des pollinisateurs. L'adoption de mesures visant à réduire l'exposition aux néonicotinoïdes permettrait de contrôler rapidement l'un de ces facteurs.

En quoi consistent les néonicotinoïdes?

Il s'agit d'une classe de pesticides synthétiques dont la composition chimique est semblable à celle de la nicotine. Ce sont des neurotoxines qui agissent sur les cellules du système nerveux des animaux. Bien que les néonicotinoïdes ciblent les insectes nuisibles, ils peuvent également nuire aux insectes bénéfiques, telles les abeilles.

L'ARLA a établi que « les pratiques agricoles actuelles ayant trait à l'utilisation de semences de maïs et de soja traitées aux néonicotinoïdes ont des répercussions sur l'environnement en raison de leurs effets sur les abeilles et les autres pollinisateurs. » L'ARLA a conclu que ces pratiques n'étaient « pas viables ».

Les néonicotinoïdes appartiennent à une classe d'insecticides relativement récents. Au cours de la dernière décennie, l'utilisation de semences traitées aux néonicotinoïdes a augmenté considérablement - ces pesticides sont utilisés dans près de 100 pour cent des cultures de maïs et 60 pour cent des cultures de soja en Ontario. Les semences traitées aux néonicotinoïdes sont fréquemment utilisées à titre préventif, sans que la présence d'insectes nuisibles ait été démontrée. Il n'y a guère de preuves que le traitement des semences de soja aux néonicotinoïdes a un effet bénéfique sur la production dans la majorité des cas. La U.S. Environmental Protection Agency (agence américaine pour la protection de l'environnement) conclut que, « dans la majorité des cas, il n'y a pas de différence de rendement entre les semences de soja traitées avec des néonicotinoïdes et les semences n'ayant subi aucun traitement contre les insectes nuisibles » [traduction libre].  

Les abeilles et autres pollinisateurs sont vraisemblablement exposés à des néonicotinoïdes provenant de plusieurs sources, notamment les pulvérisations, la poussière provenant des semences traitées, les résidus sur les plantes, ainsi que la contamination du pollen, du nectar et de l'eau.  

Trois produits néonicotinoïdes (imidacloprid, thiamethoxam et clothianidin) sont considérés comme étant hautement toxiques pour les abeilles et sont néfastes même en très faible quantité.

Ces types d'insecticides néonicotinoïdes sont :

  • généralisés et systématiques - ils se répandent dans la totalité de la plante, rendant toutes les parties de celle-ci néfastes pour les insectes qui s'en nourrissent;
  • persistants - ils ne se dégradent que lentement dans le sol et demeurent présents pendant des mois après l'application; certains insecticides néonicotinoïdes peuvent se transformer en substances plus toxiques encore.

De quelle façon l'exposition aux néonicotinoïdes nuit-elle aux pollinisateurs?

Comme l'indique leur nom, les insecticides néonicotinoïdes sont toxiques pour les insectes, y compris les insectes bénéfiques, telles les abeilles. L'exposition aux néonicotinoïdes à faible niveau pendant une période prolongée (appelée exposition chronique) nuit à la capacité des abeilles de recueillir le pollen, de naviguer (retourner à leurs ruches) et de se reproduire. La recherche démontre également que les néonicotinoïdes peuvent avoir un effet sur les colonies lorsque des résidus sont apportés par les abeilles revenant à la ruche après avoir butiné.

Quel est l'impact environnemental des néonicotinoïdes?

L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a établi que « les pratiques agricoles actuelles ayant trait à l'utilisation de semences de maïs et de soja traitées aux néonicotinoïdes ont des répercussions sur l'environnement en raison de leurs effets sur les abeilles et les autres pollinisateurs. »

Un examen récent de 800 rapports d'études scientifiques menées partout dans le monde révèle que les niveaux de néonicotinoïdes dépassent fréquemment les quantités dont on sait qu'elles ont un effet négatif sur une grande variété d'espèces non ciblées.

Il arrive que les néonicotinoïdes s'écoulent des champs jusqu'aux plans d'eau proches, où elles sont néfastes à la fois pour les insectes aquatiques et pour les animaux qui se nourrissent de ces insectes. Il existe également des preuves indiquant que les néonicotinoïdes ont un impact environnemental beaucoup plus vaste, touchant entre autres les oiseaux et les vers de terre. Étant donné la masse croissante d'information, nous prenons des mesures préventives afin de réduire l'utilisation en Ontario de semences traitées aux néonicotinoïdes.

Ce que vous pouvez faire pour protéger les pollinisateurs

  • Joignez-vous à un groupe communautaire s'efforçant de promouvoir des solutions pour attirer les pollinisateurs, par exemple, en plantant différents types de fleurs indigènes qui attirent les abeilles et autres pollinisateurs. S'il n'existe aucun groupe de ce genre, songez à en créer un. 
  • Signalez les mortalités d'abeilles à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire.
  • Joignez-vous à la discussion

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Environnement et énergie