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Des ponts dans un état critique du Nord de l'Ontario sont remplacés en un temps record

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Des ponts dans un état critique du Nord de l'Ontario sont remplacés en un temps record

Ministère des Transports

Des températures de refroidissement éolien chutant à moins 50. Des nuits d'une obscurité totale. Les loups qui rôdaient dans les bois.  

Non, il ne s'agit pas d'un film d'horreur, mais bien des conditions qu'ont affrontées les travailleurs pour construire trois nouveaux ponts en un temps record dans le Nord de l'Ontario.

« Toutes les personnes qui ont participé à ce projet ont dû mettre des efforts supplémentaires, » raconte Ray Krisciunas, chef, Section des structures, ministère des Transports, à Thunder Bay. « Les fournisseurs, les équipes de construction, les restaurants de la région, tous ont été un exemple concret de mise à contribution pour desservir un réseau de collectivités et ont de trouvé de nouvelles façons de le faire. »

De la fin du mois de janvier à la mi-mars, les camions de transport acheminent des marchandises sur des routes de glace et de neige, de Pickle Lake aux collectivités de l'extrême nord de l'Ontario.

Le canton de Pickle Lake, situé à 30 heures de voiture de Toronto, constitue le point final de toutes les routes pavées. C'est pourquoi on l'appelle « la dernière frontière ». Pendant l'hiver, pour toute livraison à faire plus au nord, les camions doivent emprunter un réseau de lacs et de rivières gelés, ce qui signifie que les températures doivent être glaciales pour que l'épaisseur de la glace soit suffisante et sécuritaire.

Les routes d'hiver, comme la route de Transport des ressources du Nord de l'Ontario (TRNO), qui commencent à Pickle Lake, serpentent dans les forêts denses et se joignent grâce à des ponts modulaires Bailey qui traversent des rivières et des cours d'eau turbulents.

Lorsque le MTO a découvert, en décembre dernier, que trois ponts modulaires reliant des routes de TRNO n'étaient plus sécuritaires pour les camions lourds, le ministère et ses entrepreneurs ont travaillé rapidement en vue de trouver une solution. Sans pont, les collectivités et les entreprises n'auraient pas pu recevoir de fournitures avant l'hiver prochain ou les auraient payées plus cher pendant une période de repli économique déjà difficile.

« Ces ponts sont cruciaux aux collectivités et aux entreprises, » affirme Krisciunas. Normalement, ça prend un an pour les planifier, les concevoir et les construire, mais nous n'avions pas ce temps. »

Des milliers de membres de Premières nations dépendent de ce réseau de transport pour leurs besoins, que ce soit l'huile de chauffage, la nourriture ou de nouvelles maisons modulaires.

Les mines et les exploitations forestières, les plus importants employeurs de la région, utilisent ces routes pour expédier et recevoir des fournitures.

Sans routes d'hiver, la seule façon de livrer de la marchandise aux collectivités du Nord de Pickle Lake est par voie aérienne. Les livraisons par avion ou par hélicoptère augmentent substantiellement le coût des marchandises des consommateurs et de l'industrie et sont impossibles pour les matières de plus long format ou plus volumineuses telles que les réservoirs de stockage des combustibles.

Il paraissait impossible de remplacer trois ponts sans fermer la route de TRNO pendant une longue période.

Heureusement, la réalisation des nouveaux ponts ne s'est pas achevée en un an ou même des mois, elle s'est faite en six semaines : deux pour la conception, deux pour l'approvisionnement et moins de deux pour la construction.

Accomplir le travail en peu de temps a requis une coordination minutieuse et le recours à des techniques innovatrices de remplacement de ponts.

L'équipe de conception des structures a commandé des matériaux pour les ponts de Algonquin Bridge à Barrie et a utilisé du matériel qu'avait déjà le MTO pour remplacer les pièces non disponibles dans un délai si court.

Les fondations ont été préfabriquées dans la cour du MTO à Thunder Bay pendant le congé de Noël et tous les matériaux de construction ont été livrés au site avant l'arrivée des équipes de construction.

Lorsque les entrepreneurs T & K Sharp et LH North General sont arrivés, ils ont travaillé tard le soir, en prenant des pauses à l'occasion dans des abris réchauffants. Pour accélérer le processus, ils avaient apporté des grues qui, en temps normal, ne sont pas utilisées pour remplacer des ponts modulaires.

La plupart des grues ne sont pas conçues pour fonctionner à moins 40 degrés Celsius.

 « Elles tombaient sans cesse en panne, » raconte Krisciunas. « Parce qu'il n'y avait pas d'atelier de réparation de grues à proximité, les équipes de construction ont dû diagnostiquer et résoudre les problèmes mécaniques elles-mêmes. »

Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que la construction s'est faite à des températures de refroidissement éolien qui chutaient à moins 50 degrés.

« Il faisait vraiment froid, mais tant qu'on bougeait, c'était endurable, » ajoute Krisciunas. « Lorsque la machinerie s'est mise à tomber en panne, des gars ont dû travailler à réparer des pièces de métal glaciales avec leurs mains nues. »

« Pour réduire le délai au minimum, nous avons décidé de garder les machines chaudes en les faisant rouler périodiquement pendant la nuit. Il a donc fallu que des gars s'y rendent dans l'obscurité totale pour les faire démarrer. Peu de temps après, les équipes ont commencé à entendre les loups rôder dans les bois. Les équipes ne s'aventuraient pas seules; elles utilisaient un système de surveillance mutuelle. Il y avait toujours une personne pour assurer la surveillance. »

Pour accélérer le processus, le personnel du MTO a conçu une nouvelle méthode de remplacement des ponts appelée « pousser-tirer ». Tout en tirant sur le vieux pont Bailey, le nouveau pont y était relié grâce à une bretelle faite sur mesure qui aidait à pousser la structure simultanément sur des appuis. D'après le personnel du ministère des Transports, c'était une première.

Parce qu'elle fait économiser temps et argent, les ingénieurs comptent faire davantage appel à cette technique pour des projets à venir. Le projet de remplacement des ponts modulaires de la route de TRNO de Pickle Lake est la preuve que les possibilités sont grandes lorsqu'il y a des partenariats entre le gouvernement et le privé en Ontario.

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