Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Notes pour l'allocution de l'honorable Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario au Club économique de Toronto

Bulletin archivé

Notes pour l'allocution de l'honorable Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario au Club économique de Toronto

Sous réserve de modifications

Cabinet du premier ministre

Bon après-midi et merci.

Je remercie également le club économique de Toronto de m'accueillir de nouveau, cette fois-ci à titre de premier ministre.

Je suis extrêmement fier d'être premier ministre parce que je suis extrêmement fier de la population de l'Ontario.

Comme je l'ai dit aux Ontariennes et aux Ontariens lors de ma cérémonie d'assermentation, nous sommes fiers de travailler pour vous, parce que nous avons vu le travail que vous faites.

Notre administration travaillera aussi dur que vous.

L'autre jour, j'ai emménagé dans le bureau du premier ministre.

À Queen's Park, le bureau du chef de l'opposition officielle se trouve au troisième étage, directement au-dessus du bureau du premier ministre, qui est au deuxième étage.

Si vous empruntez les escaliers, il y a 30 marches à descendre.

En descendant ces marches, je me suit dit : il m'a fallu sept ans pour franchir ces 30 marches. La prochaine fois, je descendrai sur la rampe.

En sortant de la cage d'escalier, on aperçoit les portraits officiels des prédécesseurs, accrochés au mur. Les portraits font réaliser qu'être premier ministre est un immense privilège.

Je suis le 24e premier ministre de l'Ontario.

C'est un bon chiffre. Il est suffisamment petit pour savoir que l'on fait partie d'un groupe trié sur le volet, mais il est suffisamment important pour réaliser que l'on remplit seulement une fonction. Elle ne nous appartient pas.

On travaille pour la population et non pour soi-même. On a la responsabilité d'accorder une plus grande importance à l'intérêt public qu'aux intérêts politiques.

Juste avant le bureau du premier ministre, à gauche, se trouve la salle historique où se réunit le Conseil des ministres.

On se souvient ainsi que même lorsqu'on a une responsabilité singulière à titre de premier ministre, on n'est pas seul.

On ne peut réussir qu'en travaillant de concert, avec son équipe et avec la population ontarienne.

Et à la porte du bureau du premier ministre, se trouvent les journalistes de la tribune de presse.

On se souvient ainsi que notre démocratie est vivante et que les gens ont le droit de connaître les faits.

Il incombe au premier ministre de dire la vérité sans ambages à la population.

J'ai trois importants principes directeurs :

Privilégier l'intérêt public plutôt que les intérêts politiques, travailler avec les Ontariennes et les Ontariens, et leur dire les choses telles qu'elles sont.

Voilà les principes qui guideront notre administration alors que nous confrontons notre premier défi important, le déficit laissé par les conservateurs.

Pour commencer, nous allons parler franchement à la population.

Je voudrais remercier l'ancien vérificateur provincial, Erik Peters, de nous avoir communiqué les faits, pour que nous puissions en informer les Ontariennes et les Ontariens.

Le rapport de M. Peters est fidèle à la personnalité de son auteur : il est marqué par l'honnêteté, l'intégrité et la clarté. Il est totalement indépendant.

M. Peters nous dit que la population ontarienne est confrontée à un déficit budgétaire de 5,6 milliards de dollars.

C'est la vérité pure et simple.

Dire la vérité quand il s'agit des comptes de la province représente un changement réel et positif en Ontario.

Depuis trop longtemps, nos prédécesseurs ont déposé leur budget à la façon d'un numéro de cirque. Avec force fumée, miroirs et pirouettes.

L'un après l'autre, les budgets conservateurs n'ont qu'aggravé le problème et aucun n'a pris de mesures pour le rectifier.

Des biens comme l'autoroute 407 ont été vendus à rabais, accordant ainsi une plus grande importance aux intérêts politiques à court terme qu'aux intérêts publics.

Le gouvernement a utilisé les réductions d'impôt à la manière de haricots magiques qui, on ne sait comment, germeraient et produiraient de l'argent. La vérité, c'est que ces réductions d'impôt coûtent de l'argent.

Puis, il y a eu le soi-disant budget des pièces automobiles.

Ce budget infamant en raison du choix de son emplacement devient maintenant infamant pour sa déformation flagrante des faits.

Jamais un budget provincial n'a représenté de manière aussi inexacte l'état des finances gouvernementales.

Se tromper de un milliard de dollars ou peut-être même de deux est une chose, mais se tromper de 5,6 milliards est incompréhensible et impardonnable.

Je veux dire, qu'est-il donc arrivé à la vérité ?

La vérité, c'est que les recettes sont inférieures de 4,4 milliards de dollars à ce qu'ils avaient prévu.

La vérité, c'est que les dépenses sont supérieures de 1,5 milliard de dollars à leurs prévisions.

La vérité, c'est que la dette de l'électricité a augmenté de centaines de millions de dollars, en raison d'une mauvaise gestion et d'un plafond des tarifs qui, selon eux, se rembourserait tout seul.

La vérité, c'est que le fonds de prévoyance de la province, au montant de 800 millions de dollars, et une réserve de un milliard de dollars ont été mis à sec.

La vérité, c'est que la vente de biens qui devait produire des recettes de 2,2 milliards de dollars était fictive, et c'est pourquoi ils n'ont jamais pu nous préciser quels étaient les biens qu'ils allaient vendre.

La vérité est la suivante : les conservateurs ont légué à nous, la population de l'Ontario, un déficit de 5,6 milliards de dollars.

Et au fait, notre meilleure estimation des dépenses liées au SRAS est de 720 millions de dollars. C'est à cela que devait servir la réserve de un milliard de dollars, aux urgences. Mais il ne reste plus d'argent dans notre réserve.

Voici le résultat net : au bout de huit ans d'administration par les conservateurs, nos écoles sont plus mal en point qu'avant, notre système de santé est plus mal en point qu'avant, notre environnement est plus mal en point qu'avant, et nous nous retrouvons avec un déficit de 5,6 milliards de dollars.

C'est un bilan accablant, vu que ces dernières années ont connu un essor économique souvent spectaculaire, mais il y a pire encore.

Non seulement les conservateurs dépensaient-ils davantage qu'ils ne recevaient, mais les dépenses se sont accrues plus rapidement que les recettes.

Laissez-moi vous expliquer ce que cela signifie.

Si nous ne faisions absolument rien, si nous ne dépensions pas un cent en nouveaux programmes et que nous laissions tous les cadeaux d'impôt légiférés par les conservateurs en place, et que les dépenses continuaient de croître au même rythme que ces cinq dernières années, le déficit continuerait d'augmenter pour atteindre 8,6 milliards de dollars d'ici 2006 ou 2007.

Ceci ne comprend même pas les milliards en promesses non quantifiées faites pendant la campagne électorale.

Les conservateurs n'ont pas seulement fait fi de toute prudence, ils ont agi avec une folle témérité.

Nous allons prendre les mesures qui s'imposent.

Nous rétablirons une gestion responsable des finances gouvernementales.

Nous agirons rapidement et de manière décisive.

D'ici quelques semaines, l'Assemblée législative recommencera à siéger.

Nous déposerons immédiatement des mesures législatives qui porteront sur les quatre mesures suivantes.

En premier lieu : nous annulerons la dernière tranche des réductions d'impôt sur les entreprises, récupérant ainsi 1,2 milliard de dollars en 2004-2005, qui sera notre premier exercice financier complet.

En deuxième lieu : nous maintiendrons le taux d'imposition du revenu des particuliers et le taux de surtaxe au niveau actuel, produisant ainsi 900 millions de dollars d'ici 2004-2005.

En troisième lieu : nous éliminerons le crédit d'impôt foncier aux personnes âgées, une mesure qui produira 450 millions de dollars.

Et finalement : nous éliminerons le crédit d'impôt pour les écoles privées. Ceci nous permettra d'économiser 195 millions de dollars au cours de notre premier exercice financier complet.

À part ça, nous entreprendrons cette année la première étape d'augmentation de la taxe sur le tabac pour la porter à la moyenne nationale.

Nous produirons ainsi 140 millions de dollars au cours de l'exercice à venir.

Nous percevrons également les arriérés d'impôt auprès des entreprises contrevenantes, conformément aux recommandations du vérificateur provincial.

Notre plan d'action comprend également des restrictions immédiates des dépenses discrétionnaires.

Nous mettrons en œuvre un blocage du recrutement à l'échelle du gouvernement.

Nous éliminerons le gaspillage de millions de dollars des contribuables en publicité gouvernementale autopromotionnelle et nous réduirons ce que le vérificateur a qualifié de dépenses souvent ruineuses en conseillers grassement payés.

Nous adopterons une démarche empreinte de responsabilité au sein du gouvernement.

Et nous agirons de manière responsable dans le secteur de l'électricité.

Depuis que les conservateurs ont plafonné les tarifs il y a un an, cette mesure nous a coûté plus de 700 millions de dollars.

Cela représente près de deux millions de dollars par jour.

Adopter ce genre de démarche quand la province produit un excédent est une chose, mais le faire quand elle produit un déficit en est une autre, et particulièrement quand elle menace notre capacité à appuyer adéquatement nos écoles et notre système de santé.

Je veux un régime tarifaire qui exprime mieux le coût véritable de l'électricité.

Il ne sera peut-être pas bien reçu.

Cette mesure ira sans doute à l'encontre des intérêts politiques égoïstes et immédiats, mais nous sommes fermement convaincus qu'elle sera dans l'intérêt public.

Nous sommes persuadés que c'est la bonne chose à faire et nous allons donc y donner suite.

J'ai demandé au ministre de l'Énergie de soumettre au Conseil des ministres, d'ici 30 jours, un plan qui permettra de réaliser notre objectif d'un régime tarifaire qui exprime le coût véritable de l'électricité en Ontario.

Et je lui ai dit qu'à mon avis, il est temps qu'un organisme indépendant, et non les politiciens, réglemente les tarifs.

Une démarche responsable vis-à-vis du prix de l'électricité améliorera le climat d'investissement dans la province, attirera de nouvelles sources de production et renforcera l'économie.

Assumer nos responsabilités en tant que gouvernement signifie également répondre de nos actes. Notre gouvernement répondra de ses actes.

Nous doterons le vérificateur provincial de nouveaux pouvoirs qui lui permettront non seulement d'examiner le gouvernement, mais également tous nos partenaires financiers, dont les hôpitaux, les conseils scolaires, les collèges et les universités.

Nous remuerons ciel et terre.

Nous défendrons plus vigoureusement que jamais l'argent des contribuables, pour veiller à ce qu'il soit utilisé à bon escient dans les écoles, les hôpitaux et les collectivités.

Puisque nous parlons franchement, soyons honnêtes à propos de quelque chose d'autre : le gouvernement fédéral peut et doit en faire davantage pour aider l'Ontario.

Pendant la campagne électorale, j'ai signalé ma détermination à collaborer avec Ottawa, pour mettre fin aux querelles et aux disputes incessantes qui nous minent depuis des années.

J'ai adopté une démarche nouvelle et constructive avec nos homologues fédéraux à l'égard du financement des soins de santé, dont le SRAS, et jusqu'à maintenant, j'ai trouvé la réponse encourageante.

Le plan d'action que j'ai décrit aujourd'hui nous permettra de faire beaucoup de chemin pour éliminer le déficit des conservateurs.
Nous le mettrons en œuvre lors de la première session de l'Assemblée législative, en novembre et en décembre.

Mais nous devons en faire plus. Beaucoup plus. Nous devons éliminer le reste du déficit des conservateurs et mettre en œuvre notre plan visant un changement réel et positif.

Ce ne sont pas des propositions mutuellement exclusives. Les Ontariennes et les Ontariens veulent de meilleures écoles, de meilleurs soins de santé et l'équilibre budgétaire, et méritent de les avoir.

Nous nous acquitterons de cette tâche en travaillant tous ensemble.

Au début de la nouvelle année, nous mènerons, à l'échelle de l'Ontario, la plus importante consultation prébudgétaire de l'histoire de la province.

Mes collègues du Conseil des ministres et moi-même parcourrons la province pour montrer le chemin et pour écouter.

Nous dirons aux gens ce qu'il en est et nous voulons en échange des réponses franches.

Nous voulons vos idées, votre énergie et votre engagement.

Dans un même temps, je mets au défi les fonctionnaires innovateurs qui travaillent dur d'avancer leurs meilleures idées pour le budget que nous déposerons au printemps.

Je vous dis en toute franchise : nous maintiendrons les impôts à leur niveau actuel. Ce ne sont pas les familles et les entreprises de l'Ontario qui nous ont mis dans ce pétrin. C'est le gouvernement conservateur qui l'a fait. Nous avons maintenant une responsabilité mutuelle, de travailler de concert et de remettre de l'ordre dans nos affaires.

Je vous ai expliqué aujourd'hui ce que nous allions faire. J'ai décrit les changements réels et positifs que nous instituerons à l'automne. Au début de la nouvelle année, nous ferons le tour de la province pour offrir conseil et écouter.

Je vous ai expliqué comment nous allions réagir : en privilégiant l'intérêt public plutôt que les intérêts politiques. En travaillant avec la population ontarienne et en lui présentant les choses telles qu'elles sont.

Permettez-moi de conclure en vous expliquant pourquoi ceci me tient à cœur.

Je n'ai pas voulu devenir premier ministre parce que l'idée d'un budget équilibré m'inspirait.

J'ai voulu devenir premier ministre parce que je voulais que nos enfants apprennent dans des salles de classe moins encombrées, parce que je voulais réduire les listes d'attente des soins de santé, et que je voulais que nous profitions tous de collectivités propres, sûres et habitables. Je veux une économie vigoureuse et dynamique qui offre des possibilités à tous et à toutes.

Je veux une société forte, soucieuse d'autrui, qui vient en aide à ceux et à celles qui, sans que ce soit leur faute, ne peuvent s'aider tous seuls.

Voilà ce que je veux pour la population ontarienne.

C'est pourquoi il est si important de mettre de l'ordre dans nos finances. En le faisant pas, nous mettons en péril tout ce que nous voulons offrir aux Ontariennes et aux Ontariens.

Tous ensemble, nous allons prendre les mesures qui s'imposent.

Mettons-nous au travail.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie

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