Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Notes pour l'allocution de l'honorable Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario prononcée lors de l'Assemblée générale annuelle de l'Association médicale canadienne

Bulletin archivé

Notes pour l'allocution de l'honorable Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario prononcée lors de l'Assemblée générale annuelle de l'Association médicale canadienne

SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS

Cabinet du premier ministre

Je vous remercie.

C'est un véritable plaisir d'être ici.

Et c'est un honneur de prendre la parole devant des personnes qui font tellement pour être au service des Canadiens et Canadiennes.

Nos familles s'en remettent à vous, souvent à un moment difficile de leur vie.

Vous assumez des responsabilités importantes et je veux vous remercier pour le travail que vous accomplissez et pour le professionnalisme et la compassion dont vous faites preuve dans l'exercice de vos fonctions.

Au nom de la population que j'ai le privilège de servir, je veux également souhaiter la bienvenue à bon nombre d'entre-vous en Ontario.

J'espère que vous trouverez le temps de découvrir cette grande ville et cette grande province.

Mes amis du NPD aiment souligner que Tommy Douglas est l'homme qui a doté la Saskatchewan d'une assurance-maladie.

Nous, Libéraux, aimons souligner que notre parti a mis en œuvre l'assurance-maladie au niveau national.

Le fait que les partis politiques se chamaillent sur la paternité de l'assurance-maladie est une preuve de sa popularité. Et elle est populaire parce qu'elle fonctionne.

Il s'agit d'un de nos plus grands avantages en matière de concurrence.

Les employeurs nous disent que le coût élevé pour acheter une assurance-santé privée pour leurs travailleurs au sud de la frontière est souvent un facteur déterminant dans leur décision d'investir ici au Canada.

Plus important encore, l'assurance-maladie est essentielle à notre identité en tant que Canadiens et Canadiennes de même qu'à nos notions de base sur ce qui est bien ou mal.

Nous croyons que les soins de santé devraient être disponibles si vous êtes malades et non si vous êtes riches.

En tant que Canadiens et Canadiennes, nous nous occupons les uns des autres nous prenons soin les uns des autres. Vous êtes la preuve vivante de ces principes.

Mais, bien que l'assurance-maladie soit l'expression parfaite de nos valeurs, elle est loin d'être parfaite.

Notre population est en pleine croissance et elle prend de l'âge.

Les technologies et les traitements progressent.

Et les coûts des soins de santé sont de plus en plus élevés.

Ici en Ontario, les coûts des soins de santé grimpent de huit pour cent chaque année.

Les coûts des hôpitaux, de 10 pour cent.

Les coûts des médicaments, de 14 pour cent.

Et les coûts des médicaments onéreux, à un pourcentage encore plus élevé.

Lorsque je suis devenu député à l'Assemblée législative il y a 14 ans, les soins de santé correspondaient à un tiers du budget.

Maintenant, un peu moins de la moitié des dépenses en programmes vont aux soins de santé.

Lorsque je siège au Conseil des ministres et que je fais des calculs, je pense quelquefois que, si nous n'agissons pas, nous devrons bientôt renommer notre gouvernement le ministère de la Santé de l'Ontario parce que nous n'aurons plus d'argent pour quoi que ce soit d'autre.

Mais il y a également de bonnes nouvelles.

Nous avons toute une série de réformes.

Nous devons améliorer les soins primaires, les mesures de prévention des maladies et la promotion de la santé.

Nous avons besoin de réduire notre utilisation des hôpitaux comme le seul modèle de soins de telle sorte que nous pourrons offrir le bon niveau de soins, qu'il soit communautaire, à domicile ou de longue durée.

Nous devons nous attaquer à la pénurie de médecins et de personnel infirmier qui menace le bien-être des patients, tout particulièrement dans les nombreuses régions insuffisamment desservies de l'Ontario.

Nous devons faire ces choses de telle sorte que nous pourrons réduire les périodes d'attente pour des procédures et des examens importants : traitements du cancer, soins aux personnes atteintes de maladies cardiaques, remplacements d'articulation, chirurgies de la cataracte, imagerie par résonance magnétique et tomographie par ordinateur.

Nous savons ce que nous devons faire.

Mais la meilleure nouvelle est que nous avons une occasion historique de faire le travail.

Nous avons un premier ministre du Canada qui a indiqué que des périodes d'attente plus courtes étaient sa priorité.

Nous avons un gouvernement fédéral qui a un surplus et les ressources pour travailler avec les provinces.

Et je peux vous dire après avoir présidé la récente rencontre des premiers ministres et des chefs territoriaux sur cette question qu'il y a une volonté politique ferme parmi les provinces d'offrir les résultats que veulent les Canadiens et Canadiennes.

Nous comprenons que les Canadiens et Canadiennes veulent des résultats.

Aujourd'hui, j'aimerais que mon allocution porte sur un résultat qui profiterait réellement aux Canadiens et Canadiennes.

Une idée qui ferait toute une différence.

Un régime national d'assurance-médicaments où le gouvernement fédéral assumerait l'entière responsabilité des régimes publics de médicaments de l'ensemble du pays.

Il s'agit d'une proposition que nous avons élaborée, en tant que premiers ministres et chefs territoriaux, suite à notre rencontre ici en Ontario plus tôt au cours de l'été.

Le fait que nous nous soyons entendus a suscité la surprise.

On pensait qu'il n'y aurait absolument pas d'entente.

Vous savez, quelles que soient nos divergences politiques, nous pouvons tous voir qu'il est maintenant temps de mettre sur pied un régime national d'assurance-médicaments.

Avant que je n'explique pourquoi je crois qu'un tel régime est essentiel maintenant, laissez-moi vous parler d'un fait très important.

Nous ne proposons pas de mettre sur pied un régime national d'assurance-médicaments AU LIEU de s'attaquer aux autres priorités telles que la réduction des périodes d'attente ou la pénurie d médecins et de personnel infirmier.

Nous voulons mettre ce régime sur pied parce qu'il s'agit d'une approche qui nous PERMETTRA de nous attaquer à ces priorités.

Un régime national d'assurance-médicaments, créé par le gouvernement fédéral, veillera à améliorer l'accès des Canadiens et canadiennes aux médicaments d'ordonnance, sur une base constante dans l'ensemble du pays et dans un continuum de soins.

Et comme le financement proviendrait également du gouvernement fédéral, cela aiderait l'Ontario et les autres provinces à faire un usage accru de leurs ressources en soins de santé pour offrir d'autres résultats, soit des périodes d'attente plus courtes, plus de médecins et de personnel infirmier.

C'est ce que veut et méritent notre population.

Je n'ai pas besoin de dire à des médecins qu'au tout début de l'assurance-maladie, la pharmacothérapie était bien loin d'être ce qu'elle est aujourd'hui.

Maintenant les médicaments d'ordonnance sont un élément important de la vie quotidienne de bien des Canadiens et Canadiennes.

Ils offrent un soulagement à bien des souffrances et douleurs.

Ils protègent les enfants de la maladie, ils traitent des maladies qui, jadis, étaient considérées comme mortelles et ils améliorent la qualité de vie des personnes qui sont aux prises avec des états chroniques.

Selon l'Institut canadien d'information sur la santé, les dépenses en médicaments représentent, depuis 1997, la deuxième catégorie la plus importante en dépenses de santé au Canada après les services hospitaliers.

Les Canadiens et Canadiennes dépensent maintenant par année 16 milliards de dollars en médicaments d'ordonnance et les provinces assument 7,55 milliards de ce montant.

Dans son rapport, Roy Romanow a souligné que 300 millions d'ordonnances sont remplies au Canada chaque année.

Cela correspond à environ 10 ordonnances par hommes, femmes et enfants.

Il a dit et je le cite : « on peut clairement démontrer que les médicaments d'ordonnance sont tout aussi médicalement nécessaires que les services hospitaliers ou d'un médecin ».

Mais au lieu que l'assurance-maladie ne s'adapte au rôle de plus en plus grand et d'une manière intégrée en ce qui a trait aux médicaments d'ordonnance, nous avons une mosaïque de programmes dans l'ensemble du Canada.

Ici en Ontario, le Programme de médicaments couvre les coûts des médicaments trop dispendieux pour certaines familles qui ne disposent pas d'une assurance privée adéquate ou qui n'en ont tout simplement pas.

Mais les régimes de médicaments publics dans certaines provinces n'offrent aucune protection aux personnes de moins de 65 ans, à moins qu'elles ne reçoivent de l'aide sociale.

Ici en Ontario, notre régime de médicaments gratuits couvre les frais d'ordonnance de médicaments pour toutes les personnes âgées.

Mais certains régimes provinciaux de médicaments exemptent certaines personnes âgées en se basant sur leur revenu.

Et, avec l'augmentation actuelle des coûts, ce n'est un secret pour personne que notre province et d'autres ont subi des pressions pour faire de même.

Il s'agit de pressions auxquelles nous avons résisté lors du dernier budget, non sans avoir à faire des choix très difficiles.

En tant que premiers ministres, nous croyons fermement qu'une assurance-médicaments nationale serait une situation où tout le monde serait gagnant.

Mais ce qui est le plus important, c'est que les patients en profiteraient.

L'accès serait amélioré pour des milliers de Canadiens et Canadiennes et cet accès serait équitable dans toutes les provinces.

Chaque province n'aurait plus à assumer sa propre administration et plus d'argent pourrait ainsi être consacré à la pharmacothérapie.

Et l'achat à grande échelle de médicaments au niveau national aiderait à réduire les coûts, libérant ainsi plus d'argent pour les soins de santé aux patients.

Le gouvernement fédéral y gagne.

Ottawa veut faire plus que d'envoyer un chèque aux provinces.

Le gouvernement veut jouer un rôle fort dans la reddition de comptes en matière de soins de santé.

Hé bien, en assumant la responsabilité d'un régime global de médicaments pour tous les Canadiens et Canadiennes, Ottawa serait également imputable en ce qui a trait aux résultats.

Et les provinces qui subissent de fortes pressions pour offrir les soins de santé auxquels a droit la population, y gagneraient également.

Lorsque les patients ont accès aux médicaments d'ordonnance appropriés, le réseau au complet de soins de santé devient plus efficace.

On peut prévenir les maladies, les admissions dans les hôpitaux diminuent et, de manière ultime, les périodes d'attente sont plus courtes.

Et si le gouvernement fédéral assumait la responsabilité des régimes de médicaments, cela libérerait des ressources pour les provinces qui pourraient ainsi investir dans d'autres priorités en matière de soins de santé.

Formation de plus de médecins, embauche de plus de personnel infirmier, plus de chirurgies cardiaques et de remplacements d'articulation et plus d'appareils d'imagerie par résonance magnétique et de tomographie par ordinateur.

Mais soyons clair.

Nous ne parlons pas d'ajouter un nouveau fardeau coûteux à notre système actuel.

Les médicaments d'ordonnance ne sont pas un nouveau fardeau.

Ils sont un élément essentiel des soins de santé pour lequel les contribuables et les patients en défrayent présentement les coûts.

Nous parlons d'un nouveau partenariat avec le gouvernement fédéral.

Nous parlons d'un nouveau partenariat qui va réduire le dédoublement et la bureaucratie.

Nous parlons d'un partenariat qui va unifier les normes de toutes les provinces en matière de régime de médicaments.

Nous parlons d'un partenariat qui améliore l'accès aux médicaments d'ordonnance pour les Canadiens et Canadiennes qui en ont besoin.

Nous avons une occasion remarquable ici...

  • Pour les patients, d'obtenir un accès équitable et meilleur dans l'ensemble du pays.
  • Pour le gouvernement fédéral, d'être un meneur dans le secteur essentiellement important et en pleine croissance des soins de santé.
  • Et, pour les provinces, d'avoir la flexibilité nécessaire pour réduire les périodes d'attente. Cela a fait l'objet de discussions entre le premier ministre Martin et moi et c'est ce que réclame la population canadienne et de l'Ontario.

Cette idée est sensée et il en va de même des principes qui nous guident pour sa réalisation.

Un régime national d'assurance-médicaments, financé par le gouvernement fédéral, ne devrait pas se faire au détriment des autres engagements et obligations du gouvernement fédéral, y compris l'obligation fédérale de financer à 25 pour cent les coûts provinces en matière de soins de santé.

Un régime national d'assurance-médicaments doit donner des résultats par un meilleur usage des deniers publics grâce à la réduction du dédoublement, de meilleurs services et une diminution des coûts.

Un régime national d'assurance-médicaments doit éliminer les barrières qui empêchent les Canadiens ou Canadiennes d'obtenir des soins en continuité dans l'ensemble de notre pays.

Et, le plus important, un régime national d'assurance-médicaments doit faire en sorte qu'aucun Canadien et Canadienne ne soit soumis à un fardeau financier injuste en tentant d'avoir accès à une pharmacothérapie médicalement nécessaire.

J'aimerais conclure en vous demandant à vous, les leaders dans la prestation des soins de santé de cette grande nation, votre aide et votre appui.

Je vous demande d'appuyer cette proposition, d'exercer des pressions sur les députés fédéraux, les membres du Conseil fédéral des ministres et le Premier ministre Martin, pour qu'ils prennent le temps de l'étudier entièrement, de telle sorte qu'ils puissent y souscrire complètement.

Je vous demande cette aide au nom des Ontariens et Ontariennes mais également au nom des patients que nous avons tous deux le privilège de servir, moi en tant que leur représentant élu et vous en tant que fournisseurs de soins choisis et qui bénéficient de leur confiance.

Notre rencontre en septembre prochain avec le Premier ministre Martin pourrait ou pourrait ne pas donner lieu à une émission de télévision fascinante.

Mais ce que je sais, c'est que cela sera un point tournant dans l'avenir de l'assurance-maladie.

Cela sera un indice clé que nous sommes prêts, que nous voulons et que nous sommes capables de le soutenir et de l'améliorer.

Parce que nous aurons un choix à faire.

Nous pouvons continuer de nous disputer et de mettre l'accent sur nos divergences. C'est un choix qui mène à la paralysie, ou pire encore, un choix qui donnera lieu à une mosaïque encore disparate dans l'ensemble du Canada, avec un peu de couverture privée ici et de couverture publique là, avec un endroit où la couverture est excellente alors qu'ailleurs, elle n'existe pratiquement pas.

Ou nous pouvons choisir une question sur laquelle nous nous entendons.

Nous pouvons choisir de travailler avec Ottawa pour mettre en place un régime national d'assurance-médicaments.

Nous pouvons aider Ottawa à être un meneur en matière de soins de santé.

Nous pouvons aider les provinces à gérer leur budget de soins de santé.

Et nous pouvons veiller à ce que les Canadiens et Canadiennes reçoivent les soins de santé dont ils et elles veulent, les soins de santé dont ils et elles ont besoin, les soins de santé qu'ils et elles méritent, des soins de santé qui sont sans pareils.

Je vous remercie.

Ressources additionnelles

Partager