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Biographies des survivantes et des survivants de l'holocauste

Document d'information archivé

Biographies des survivantes et des survivants de l'holocauste

Cabinet du premier ministre

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, de concert avec la Canadian Society for Yad Vashem, a honoré aujourd'hui dix survivantes et survivants de l'holocauste en ce Yom ha-Shoah, jour du souvenir provincial. Ces Ontariennes et ces Ontariens exceptionnels ont été salués pour leur courage, leur force et leur dévouement à leur communauté.


Les personnes honorées

Jack Buchman est né à Varsovie, en Pologne. À l'âge de huit ans, pendant l'occupation allemande, il vit avec sa famille dans le ghetto de la ville. À peine quelques jours avant le célèbre soulèvement, les Buchman réussissent à s'échapper et utilisent dès lors les noms des membres d'une famille catholique décédée. Enfant, M. Buchman aide son père à nourrir la famille en polissant les bottes des officiers allemands. Il reçoit, en guise de récompense, de la soupe trop claire et du pain sec. Une journée avant la libération, les nazis assassinent sa mère. Plus de 100 membres de sa famille sont morts dans des camps de concentration. Après la guerre, M. Buchman emménage à Paris où il rencontre sa future épouse, Roma, elle aussi une survivante de l'holocauste. En 1952, ils immigrent au Canada. M. Buchman démarre une entreprise de bois de sciage et de matériaux de construction qui prospère et devient éventuellement un magasin à succursales. Il œuvre également dans le milieu de l'immobilier duquel il vient tout juste de prendre sa retraite ce mois-ci.

M. Buchman habite à Toronto. Il a un fils, deux filles et treize petits-enfants. Il soutient activement plusieurs organisations caritatives dont B'nai Brith, la Fondation Baycrest, l'hôpital Mount Sinai, l'université de Tel-Aviv et les obligations d'Israël. En 1992, on lui a décerné la médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada pour souligner son apport au Canada et à sa collectivité.


Sidia Cowen est née en Pologne en 1940. Lorsque la guerre éclate, sa famille a peine à trouver une cachette sûre. Après quelques temps dans la grange d'un fermier, ce dernier leur demande de partir. Fuir et se cacher, tel est désormais leur quotidien.

En 1941, la mère de Mme Cowen la laisse dans un couvent pour sa sécurité. Elle est seule, affamée et terrifiée. Lorsque le couvent devient la cible de bombardements, les enfants sont déplacés vers un autre lieu sûr. En 1944, sa mère revient enfin la chercher. La même année, son père meurt après avoir été enrôlé de force dans l'armée russe.

Éventuellement, une amie accueille Mme Cowen et sa mère. À plusieurs reprises, sa mère rentre à la maison et les entraîne dans la forêt pour les cacher des soldats allemands qui ont trop bu. Par la suite, pendant plusieurs années, Mme Cowen a des cauchemars dans lesquels elle est poursuivie par des soldats. En 1945, elle se retrouve à Bitom, en Pologne. Un an plus tard, sa mère se remarie et toute la famille déménage à Munich, en Allemagne. En 1951, sa famille arrive au Canada et s'installe à Toronto.

Ses parents achètent une ferme à Kemptville en Ontario, mais en 1953, la famille revient à Toronto et, en 1958, Mme Cowen se marie.

Elle a deux filles, un fils et quatre petits-enfants. Elle est devenue agente immobilière agréée en 1987 et elle exerce encore ce métier aujourd'hui. Elle s'implique également dans B'nai Brith, Yad Vashem, Beit Halochem et plusieurs autres organisations philanthropiques. Mme Cowen dit aujourd'hui que « la peur est sa compagne de chaque instant » et qu'il lui faut composer avec elle tous les jours.


Sala Goldhar est née peut-être en Pologne en 1937. Durant la guerre, une famille polonaise l'héberge dans une ferme en Ukraine où elle tente de se faire passer pour un membre de la famille. Aussitôt que les gens soupçonnent qu'elle n'est pas polonaise, on déplace Mme Goldhar vers une autre partie du pays et on la cache jusqu'à la fin de la guerre. Après la libération, personne ne la réclame et un médecin juif la prend sous son aile. Elle vit dans un camp pour personnes déplacées jusqu'à ce qu'un orphelinat la prenne en charge. Elle réussit éventuellement à communiquer avec certains membres de sa famille à Toronto qui la parrainent et lui permettent de venir les rejoindre en 1948.

En 2002, Mme Goldhar retourne en Pologne en vue de retracer ses origines et y découvre que toute sa famille a péri durant l'holocauste. Son mari se nomme Leo et ils sont mariés depuis 50 ans. Ils ont trois merveilleux enfants et cinq petits-enfants. Mme Goldhar fait beaucoup de bénévolat et apporte son soutien à la UJA Federation, à Meals on Wheels, à Hadassah, au Conseil des femmes juives, au Week-end pour vaincre le cancer du sein (avec l'hôpital Princess Margaret), à la Marche des dix sous et à la Société canadienne du cancer.


Joseph Gottdenker est né en Pologne en 1942. Au moment de sa naissance, son père est déjà dans un camp de concentration et sa mère utilise l'identité d'une femme de bonne famille. Peu après, une famille polonaise accepte de cacher mère et enfant, mais la jeune femme repart rapidement afin de se joindre à la résistance polonaise, laissant M. Gottdenker aux soins de ses hôtes. Après la guerre, il retrouve ses parents ainsi que deux oncles et une tante qui ont tous survécu. Ils vivent pendant trois ans en Allemagne en tant que personnes déplacées et immigrent aux États-Unis en 1948. En 1958, ils remontent vers le Canada, et M. Gottdenker fréquente l'école secondaire à Toronto puis l'université à London en Ontario. 

M. Gottdenker est maintenant un homme d'affaires accompli qui a touché à tout : les industries manufacturières, l'aménagement immobilier, les propriétés de villégiature et même la vente au détail. Fiancé à Lori Tafuro, il a trois enfants et un petit-fils. En plus de la Canadian Society for YadVashem, il s'implique auprès des Friends of Simon Wiesenthal (en tant que membre du conseil d'administration), de la UJA Federation et du Centre Baycrest pour soins gériatriques (où il siège au conseil d'administration de la Fondation).


Faigie Libman est né à Kaunas en 1934, enfant unique d'une mère infirmière et d'un père propriétaire d'une librairie prospère. La famille vit dans l'abondance. En 1941, lorsque l'Allemagne envahit la Lituanie, plus de 3 500 Juifs sont assassinés. Ils sont enlevés, ridiculisés, violentés, torturés et exécutés. Après l'invasion, un ghetto est créé à Slobodka. Les Juifs lituaniens y sont envoyés et forcés de porter l'étoile jaune. Mme Libman se souvient d'être constamment affamée. Au cours des trois années qui suivent, sa famille vit plusieurs bouleversements. En 1944, les Juifs de Kaunas sont transportés vers des camps de concentration dans des wagons à bestiaux. Son père est envoyé à Dachau où il mourra durant la semaine précédant la libération. Mme Libman et sa mère se retrouvent à Stutthof. Grâce à un subterfuge de sa mère qui l'habille en adolescente et fait croire aux nazis qu'elle a douze ans, Mme Libman est autorisée à travailler au lieu d'être abattue comme les autres enfants. Ayant survécu à Stutthof, la mère et la fille vivent ensuite dans trois petits camps de travail jusqu'à ce que les Russes les libèrent enfin en 1945. Mme Libman et sa mère sont alors les seules survivantes de leur famille.

Après quelque temps dans un camp pour personnes déplacées en Autriche, sa mère retrouve sa sœur à Montréal et Mme Libman et sa mère immigrent ensemble vers leur nouvelle vie en 1948. M. Benny Libman est son époux depuis 52 ans et il est lui aussi un survivant de l'holocauste. Ils ont quatre enfants et onze petits-enfants. Mme Libman est une comptable diplômée, mais suite à un retour aux études, elle a également obtenu un certificat en enseignement. En 1972, elle et son mari sont déménagés à Toronto, où elle a enseigné en prématernelle pendant plus de 30 ans.

Mme Libman donne des conférences au sujet de l'holocauste, du racisme et de la haine dans les écoles, les synagogues, les églises et les assemblées. Elle s'implique également au sein de plusieurs organismes et œuvres de charité, dont le Jerry Lewis Telethon, l'hôpital Villa, l'hôpital Bloorview, le Centre MacMillan, l'hôpital Wellesley, le Fonds national juif, le Centre Sunnybrook et le Centre Baycrest. Elle est une membre active de Na'amat Pioneer Women et B'nai Brith, elle participe au Christian and Jewish Dialogue et elle est fière de se dévouer au Dominion Institute Memory Group et au Holocaust Centre of Toronto.


Harold Rotman s'efforce de vivre avec un passé lourd de douleurs et d'épreuves depuis 62 ans. Né à Szczercow en 1928, il passe quatre ans dans le ghetto de Lodz avec sa famille dans la faim, la crasse et un environnement inhumain. Lorsque sa famille est envoyée à Auschwitz/Birkenau, on le sépare de ses parents et il est forcé de nettoyer et de nourrir les chevaux dans les étables. Après le démantèlement d'Auschwitz, il affronte une longue marche forcée à travers les montagnes glaciales de la Slovaquie, puis est enfermé dans un wagon à destination du camp de concentration de Mauthausen, en Autriche. Plusieurs personnes meurent de maladie, de faim et de froid durant le voyage.

En 1952, l'armée américaine libère son camp et M. Rotman vient rejoindre le seul frère qui lui reste au Canada. Il travaille dans une manufacture de plastique de Toronto pendant quelques années puis se lance en affaires. Son épouse Rebecca et lui ont maintenant trois enfants et six petits-enfants. Il s'est beaucoup impliqué dans la vie de sa synagogue où il a siégé au conseil d'administration en tant qu'ancien président de la fraternité. Il y a également présidé le comité d'éducation des adultes.


Sam (Simcha) Simchovitch est né en Pologne en 1921. En 1939, il quitte sa ville natale et se rend dans l'est de la Pologne qui devient, presque aussitôt, occupée par l'Union Soviétique. Jusqu'en 1941, il demeure à Khirgizia en Russie, où il réussit à survivre à la guerre. Son père, sa mère, ses trois jeunes sœurs et son petit frère, toute sa famille restée à la maison est exécutée en 1942 quand le ghetto d'Otwok est démantelé. En 1949, M. Simchovitch arrive au Canada, où il travaille pendant deux ans dans une boutique d'articles de cuir à Montréal. Il reste dans cette ville et obtient son diplôme du Jewish Teacher's Seminary en 1954. Il enseigne ensuite à l'école Peretz de Montréal, à la Hillel Academy d'Ottawa et à la United Synagogue Day School de Toronto. Jusqu'à sa retraite en 1989, il est également libraire et conservateur de musée pour la congrégation Beth Tzedec de Toronto.

Il détient un baccalauréat en lettres et sciences humaines de l'Université de Toronto et une maîtrise en éducation religieuse du Jewish Theological Seminary of America à New York.

M. Simchovitch est un membre actif du Yiddish Culture Council, du Committee for Yiddish de la Jewish Federation of Toronto, et il préside encore aujourd'hui les rencontres hebdomadaires du Senior Citizen's Club de la Labour Zionist Alliance au Centre Borochov.

Il a écrit 19 recueils de poésie, de prose et de critiques littéraires en yiddish, en hébreux, en anglais et en polonais (publiés à Montréal, Toronto, Tel-Aviv et Varsovie), qui lui ont valu plusieurs honneurs. Il rédige également des critiques de livres et couvre les événements locaux pour le Yiddish Forward de New York et plusieurs autres périodiques imprimés en yiddish et distribués aux États-Unis, en Israël et en Pologne. Son épouse se nomme Freda et ils ont deux filles et un petit-fils.


Sigmund Soudack est né Sigmund Silber en Pologne en 1935, le troisième et dernier enfant d'Israel et Bronya Silber. Après l'invasion allemande, en 1941, sa famille est confinée au ghetto juif de la ville et forcée de porter des étoiles jaunes et des brassards. Pendant cette période, plusieurs Juifs sont assassinés durant leur sommeil. Craignant la déportation, la famille Silber s'enfuit dans la forêt avoisinante. En 1943, leurs parents meurent et les enfants Silber doivent se débrouiller seuls. La même année, ils rencontrent des Adventistes du septième jour en quête de nouveaux fidèles qui font le nécessaire pour les aider à rejoindre un autre groupe de survivants cachés dans la forêt. Du printemps 1944 à 1948, les enfants Silber vivent dans une série de foyers pour enfants en Russie, en Pologne et en Autriche.

En 1948, suite aux pressions politiques des agences juives canadiennes, les enfants Silber arrivent à Winnipeg, au Manitoba, trois orphelins parmi 1 100 autres qui sont vite adoptés par des familles de partout au pays. Malheureusement, les Silber ne peuvent tous aller au même endroit, mais Sigmund a la chance d'être adopté par la famille Soudack qui a déjà trois enfants. Aujourd'hui, M. Soudack et son frère sont tous deux des ingénieurs diplômés de l'Université du Manitoba. Quant à elle, leur sœur a travaillé pour payer ses études au United College et elle détient maintenant un diplôme en travail social.

Depuis 40 ans, M. Soudack est à la tête d'une firme de consultants en ingénierie structurale qui se spécialise dans les immeubles de condominiums à grande hauteur et qui emploie 22 personnes. Il est très heureux avec son épouse Linda Cherry Soudack et ils ont deux fils et trois petits-enfants. M. Soudack consacre bénévolement son temps au United Jewish Appeal depuis 35 ans.


Goldi Steiner est née en Hongrie en 1938. Alors qu'elle a cinq ans, sa famille est rassemblée dans le ghetto local puis expédiée à Auschwitz dans des wagons à bétail. Grâce à une entente entre les nazis et les résistants juifs de Hongrie, la famille de Mme Steiner et quelques centaines d'otages sont re-dirigés et gardés pendant quelque temps dans un camp de concentration autrichien. Certains membres de sa famille sont éliminés, mais la plupart d'entre eux survivent et sont en mesure de revenir dans leur pays après la guerre, du moins, jusqu'à l'invasion soviétique qui les forcera à fuir de nouveau. En 1953, la famille de Mme Steiner arrive au Canada, remplie d'espoir devant un avenir prometteur.

Au Canada, Mme Steiner a connu un certain succès dans le milieu de l'immobilier et en est maintenant retraitée. Elle est en ce moment bénévole à plein temps et elle s'implique dans plusieurs projets dont, entre autres, la construction du monument commémoratif de l'holocauste Yad Vashem en compagnie de son mari sculpteur et de la Society for Yad Vashem. Mme Steiner a également été présidente du Raoul Wallenberg Memorial Committee et du Continuing Holocaust Education Committee qui lui a permis de travailler avec des enseignants de partout au Canada.

Mme Steiner est également membre du comité directeur du Yom ha-Shoah (le jour du souvenir de l'holocauste), du groupe Justice for Jonathan Pollard, d'un comité spécial qui se consacre aux indigents au Moyen-Orient et du Toronto District School Board Equity Schools Committee.

Elle fait également partie du School Services Program Steering Committee du Toronto District School Board qui travaille à l'élaboration d'un programme sur le génocide.

Mme Steiner est très fière de ses deux enfants et a quatre petits-enfants.


Henry Leonard Waks est né en Pologne en 1928. Il est élevé dans le riche foyer juif assimilé de son père qui est propriétaire d'une manufacture de vêtements et d'un magasin à Gdansk. En 1941, on oblige sa famille à vivre dans le ghetto de Lodz. Il est forcé de travailler dans une manufacture de salami. En 1944, sa famille est envoyée à Auschwitz où sa mère et sa sœur sont tuées. Son père, son frère et lui se retrouvent dans un camp de travail à Hanover, en Allemagne, puis ils sont déplacés vers un autre camp à Ahlem. En 1945, son père et son frère sont tués peu avant la libération du camp.

Après la guerre, M. Waks retrouve un de ses cousins à Munich et ils déménagent ensemble chez une tante à Lodz. M. Waks passe quelque temps à Paris où il est hospitalisé pendant huit mois pour traiter sa tuberculose. En 1949, il arrive à Toronto et se trouve un emploi dans une compagnie de broderie. En 1952, il se marie et fait son entrée dans le milieu de la construction.

Avec ses premiers partenaires, il commence par bâtir des maisons et des immeubles d'habitation avant de se spécialiser dans la construction de petits centres commerciaux et de mails linéaires.

En compagnie de Sylvia, sa merveilleuse épouse, il vit dans la même maison depuis presque 53 ans. Ils ont la chance d'avoir deux fils et sept superbes petits-enfants.

M. Waks se dévoue au United Jewish Appeal, à l'organisme Canadian Friends of Hebrew University et au Fonds national juif. Avec son grand ami Alex Grossman, il contribue également à son projet de prédilection, Massuah, qui éduque les enfants de la génération actuelle au sujet de l'holocauste.

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