Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Sommet Mondial De La Compétitivité En Éducation Washington (D.C.)

Bulletin archivé

Sommet Mondial De La Compétitivité En Éducation Washington (D.C.)

Cabinet du premier ministre

Monsieur le gouverneur Pawlenty

Invités d'honneur, Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de m'avoir invité ici aujourd'hui.

Permettez-moi, tout d'abord, de remercier le gouverneur Pawlenty pour son leadership et ce, tant à la présente tribune qu'au Minnesota.

Chaque année, le commerce entre le Canada et le Minnesota se monte à quelque 16 milliards de dollars.

Ce qui appuie quelque 140 000 emplois de chaque côté de la frontière.

Nous sommes des amis, des voisins, des alliés, et nous créons des emplois les uns pour les autres.

J'étais récemment à New York, ou j'ai rencontré Monsieur Gary Cohn.

Il dirige Goldman Sachs qui, comme vous le savez, est une société mondiale très prospère de services financiers.

Monsieur Cohn m'a dit : « Mes employés se déplacent à bord des mêmes avions que la concurrence. Ils prennent les mêmes taxis, couchent dans les mêmes hôtels et utilisent la même technologie. Aujourd'hui, le succès se résume à un mot : le talent. »   

Si vous songez au monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, vous vous rendez compte que c'est un monde où l'on peut emprunter des capitaux, copier la technologie et acheter les ressources naturelles.  

Il ne reste qu'un élément qui puisse conduire à un avantage, à l'édification d'une forte économie et d'une grande société : le talent.  

C'est ce dont je veux vous parler aujourd'hui, de ce que nous avons fait en Ontario pour stimuler nos talents, en améliorant l'éducation.  

Je commencerai par un avertissement.

J'espère que notre expérience en Ontario vous intéressera.

Mais j'estime qu'il ne faut jamais tenter de tirer trop de leçons de l'expérience d'autrui.

Nous avons modifié notre expérience internationale en fonction de nos objectifs et vous devriez faire de même.

La meilleure réforme de l'éducation est celle que l'on conçoit en fonction de ses besoins.

Laissez-moi vous évoquer brièvement l'histoire récente de l'éducation en Ontario.

Il y a six ans,  quand nous avons formé le gouvernement, nos écoles étaient aux prises avec un manque d'entretien, de mauvais résultats et un mauvais moral.

L'agitation ouvrière - les grèves - étaient à l'ordre du jour.

Les parents n'avaient plus confiance dans le système scolaire.

Des nombres records d'enfants se mirent à fréquenter des écoles privées.

Il n'y avait que 54 p. 100 des élèves qui répondaient à la norme provinciale de littératie et de numératie et que 68 p. 100 des élèves qui obtenaient leur diplôme d'études secondaires.  

Les enseignantes et enseignants qui le pouvaient prenaient une retraite anticipée. D'autres quittaient l'Ontario pour aller enseigner ailleurs.

En 2003, nous avons obtenu le privilège de servir la population de l'Ontario à titre de gouvernement.

Notre campagne a présenté un plan conçu pour améliorer la situation de nos écoles.

Nous avons promis la paix, la stabilité, le respect, des classes plus petites, des notes de tests plus élevées et des taux plus élevés d'obtention des diplômes.

Aujourd'hui, six ans plus tard, nous n'avons perdu aucun jour du fait d'une grève du personnel enseignant.

L'optimisme, la confiance et le respect sont revenus dans nos écoles.

Comme promis, nous avons réduit l'effectif des classes pour nos plus jeunes élèves.

Aujourd'hui, 90 p. 100 de nos classes des quatre à huit ans comptent au plus 20 élèves. Auparavant, ce pourcentage n'était que de 31 p. 100.

Fait plus important, nous obtenons des résultats :

  • Nos notes de tests sont plus élevées. Au lieu des 54 p. 100 d'autrefois, 65 p.100 de nos enfants répondent à la norme de l'Ontario.
  • Notre taux d'obtention de diplômes est en hausse. Il est passé de 68 à 77 p. 100. Ainsi, en 2008, on a remis leur diplôme à 14 000 élèves du secondaire de plus qu'en 2004.
  • Le PISA nous place parmi les cinq premiers à l'échelon international.

Bien entendu, il reste du travail à accomplir.

Et j'aimerais agir plus vite.

Mais nous avons accompli des progrès réels et mesurables.

J'ai donc pensé qu'il serait peut-être utile de signaler simplement une partie des leçons que j'ai apprises en cours de route, en tant de praticien, non d'expert.

Voici sept leçons de ces leçons portant sur la façon de réaliser des progrès dans nos écoles.

Leçon un :

Accomplir des progrès en éducation n'a rien d'une lubie.

Il doit s'agir d'une priorité persistante du gouvernement, qui s'appuie sur des ressources et un plan intelligent.

Une lubie, les enseignants et les directeurs peuvent la voir arriver de loin et ils attendront qu'elle passe son chemin.

Les gens doivent savoir que les réformes sont réelles, qu'elles transcendent la politique, qu'elles sont permanentes et irrésistibles.  

Leçon deux :

La réforme de l'éducation importe au gouvernement que dans la mesure où elle importe aussi au chef du gouvernement, à titre personnel. Leurs actions doivent appuyer ce fait. 

Si, à titre de Premier ministre, je n'attachais pas un intérêt personnel et actif dans l'amélioration des résultats scolaires, le progrès prendrait fin.  

Voici plusieurs des mesures que je prends :

Tous les deux mois, je convoque l'équipe des résultats d'éducation du Premier ministre.

Ce groupe comprend mon ministre de l'Éducation, Mme Kathleen Wynne, mon sous-ministre, M. Ben Levin, et mon conseiller particulier, M. Michael Fullan.

Mon équipe me rend compte des progrès que nous réalisons et comment nous pouvons les accélérer.

À la fin même de la réunion, je donne personnellement des instructions sur la façon dont notre gouvernement devrait continuer d'aller de l'avant.   

La nouvelle de la réunion se répand. C'est d'ailleurs ce que j'encourage.

En effet, je tiens à ce que nos partenaires sachent que l'éducation n'est pas qu'une priorité du gouvernement, que c'est aussi ma priorité personnelle.

En outre, je rencontre un groupe composé de vingt directrices ou directeurs.

Nous l'appelons « D'un dirigeant à l'autre ».

Dix des directrices ou directeurs sont d'écoles qui excellent.

On les assortit avec dix autres directrices ou directeurs dont l'école connaît des difficultés.

Bien entendu, cela donne aux directrices ou directeurs l'occasion d'apprendre les uns des autres.  

Mais c'est une initiative qu'ils auraient pu prendre d'eux-mêmes.

La vraie raison de ma rencontre avec les directrices et directeurs, c'est de me faire une idée, au contact des gens aux premières lignes, de la façon dont fonctionne le plan.

Évidemment, je visite aussi, régulièrement, les écoles de l'Ontario. Je pose alors ma question favorite aux directeurs et enseignants :  

« Que pouvons-nous faire, en collaborant, pour obtenir des résultats encore meilleurs? »  

En bref, j'estime que le chef du gouvernement doit entretenir des contacts réguliers avec les directrices et directeurs, les enseignantes et enseignants, ainsi qu'avec d'autres partenaires en éducation.

Nous savons ainsi à quoi nous en tenir. Cela nous stimule et prouve notre engagement personnel.  

Leçon trois :

Peu importe l'argent qu'on investit.

Peu importe le désir des gens de voir des changements.

On n'obtiendra des résultats que si le personnel enseignant est de la partie.

Nous n'avons pas ménagé nos efforts pour établir de bonnes relations de travail avec nos enseignantes et enseignants.

Nous ne nous lançons pas dans des discours incendiaires. 

Les chamailleries publiques ébranlent la confiance du public.

Pour mieux célébrer nos enseignantes et enseignants et nos réussites, j'ai créé les Prix du Premier ministre pour l'excellence en enseignement. 

Pour concevoir et mettre en application les politiques, nous nous concertons avec nos partenaires en éducation.

Nous ne sommes pas toujours d'accord.

Mais je me souviens de certains des meilleurs conseils de politique que j'aie jamais reçus.

Le jour de mon mariage, ma mère m'a dit :

« Quoi qu'il arrive, continue de parler. »

Aussi, en Ontario, continuons-nous de parler à nos enseignantes et enseignants.

Je leur ai bien fait comprendre, ainsi qu'à nos partenaires en éducation, que notre quête d'amélioration serait incessante.

Et qu'il n'y a aucune cachette.

Les notes de tests et les taux d'obtention des diplômes de leur école exercent une pression sur les enseignantes et enseignants.

Mais peut-être, fait plus important, ils éprouvent la pression provenant d'un public qui fait confiance aux progrès que nous réalisons et qui souhaite ardemment d'autres progrès. 

Nous avons récemment lancé un site Web de localisation de renseignements sur les écoles, site qui permet de comparer les données démographiques et sur les élèves, dont les notes de tests, de différentes écoles.

Nos partenaires en éducation étaient contre. 

Le public était tout à fait pour. Aussi sommes-nous allés de l'avant.

Dans un certain sens, il y a eu un éveil en Ontario.

Cette nouvelle réalité a donné à notre gouvernement le courage de promulguer deux nouvelles lois :

L'une d'entre elles exige que nos jeunes continuent d'apprendre jusqu'à l'âge de 18 ans ou jusqu'à ce qu'ils terminent l'école secondaire, la première éventualité étant retenue.

L'autre est une nouvelle loi qui nous permet d'intervenir dans un conseil scolaire dont les résultats sont insatisfaisants. 

Tout comme nous avons le droit de remettre des écoles individuelles sur pied, nous nous donnons le droit de remettre sur pied des conseils scolaires dans leur intégralité.

Ce nouvel appétit de progrès nous a aussi permis d'adopter un plan audacieux, consistant à mettre en application un enseignement dispensé pendant toute la journée aux enfants de quatre et de cinq ans.

Leçon quatre :

N'oubliez pas le plus difficile. On doit améliorer son enseignement.

Bien sûr, on peut disposer de normes de calibre mondial, de tests rigoureux et d'une brillante gestion des données, de façon à connaître exactement la situation de chaque élève, mais il faut encore améliorer son enseignement.

Nous avons décidé de ne pas le faire en Ontario, mais on pourrait fermer les écoles qui n'obtiennent pas de bons résultats, payer davantage les meilleurs enseignants et enseignantes, essayer de nous débarrasser des enseignantes et enseignants dont le rendement est mauvais et essayer de ne recruter que les enseignants qui obtiennent les meilleurs résultats.

Mais je présume que 90 p. 100 de nos enseignants et enseignantes restent où ils sont.

Si vous voulez que les élèves obtiennent de meilleurs résultats, il faudra que les enseignantes et enseignant améliorent leur travail.

Il faut donc leur inculquer de nouvelles connaissances et les amener à mettre celles-ci en pratique.

Il faut donc développer les capacités du système. Et c'est difficile!

En Ontario, quand nous avons commencé à chercher à améliorer l'enseignement, nous avons créé le Secrétariat de la littératie et de la numératie.

C'est un nouvel élément du gouvernement consacré à la réussite scolaire en lecture, rédaction et mathématique, grâce à un meilleur enseignement.

Notre nouveau secrétariat a commencé son activité en offrant pendant l'été une formation en littératie et en numératie à notre personnel enseignant.

Jusqu'ici, plus de 20 000 enseignantes et enseignants ont profité de cette formation bénévole.

Puis nous avons offert une formation supplémentaire aux enseignantes et enseignants qui voulaient agir en qualité d'enseignantes et enseignants principaux dans leur école.

De sorte à pouvoir aider d'autres enseignantes et enseignants.

Puis nous avons donné un autre coup de pouce.

Nous avons créé notre « Partenariat d'interventions ciblées de l'Ontario ».

Ce partenariat offre aux écoles en difficulté un supplément d'aide et de ressources pour améliorer l'enseignement. 

Nous avons aussi créé un Programme d'insertion professionnelle du nouveau personnel enseignant.

Ensuite, nous avons amélioré la formation que nous offrons aux directeurs et directrices de nos écoles, car les meilleurs directeurs et directrices améliorent l'enseignement de leur école. 

Je pourrais continuer sur cette lancée, mais j'aimerais faire observer qu'on ne peut trop en faire pour améliorer son enseignement.

Mais qu'il est facile d'en faire trop peu.

Leçon cinq :

Si l'on veut atteindre ses résultats, il faut maintenir la pression, tout le temps.

À la longue, quand on s'attache à la réalisation de progrès, les dirigeants en éducation du gouvernement lui-même, sans parler au personnel enseignant en première ligne, en viennent à s'ennuyer et se décourager. 

Les progrès peuvent être lents. C'est une tâche laborieuse.

Il faut de la discipline pour tenir le cap.

Il faut apprendre à reconnaître les sources de distraction, les refouler.

À un moment donné, nous avons envisagé de refuser de décerner un permis de conduire aux élèves qui décrochaient.

Mais la discussion se mit à porter sur les droits des enfants à conduire, non plus sur l'éducation. 

Si possible, excluez de la discussion les sources de distraction.

Nous avons donné suite à des plaintes relatives à l'effectif des classes, en réduisant cet effectif.

Nous avons réglé les problèmes de travail, en concluant avec notre personnel enseignant des ententes d'emploi sans précédent, de quatre ans et à long terme. 

Nous avons apaisé les réclamations touchant les écoles tombant en ruines, en investissant abondamment dans les réparations et les rénovations d'écoles.

Du fait de l'élimination de toutes ces questions de la discussion, notre programme devint le seul programme réel qui ait subsisté.

Le programme incontournable.

Leçon six :

Une fois qu'on commence à accomplir des progrès, on a la permission d'investir davantage.  

Personne ne veut investir dans l'échec.

Mais investir dans le succès ... c'est une tout autre histoire.

Depuis 2003, nous avons augmenté de cinq milliards de dollars - soit de 34 p. 100 - notre budget d'éducation.

Et - qui plus est - ces nouveaux fonds affectés à l'éducation n'ont pas été tous destinés à améliorer les notes de tests et les taux d'obtention des diplômes.

Les progrès que nous avons accomplis dans ces domaines nous ont aussi donné la permission d'enrichir l'expérience globale de l'éducation en Ontario. 

Par exemple, nous avons engagé plus de 3 000 enseignantes ou enseignants spécialistes pour la musique, les arts et l'éducation physique, programmes qui sont souvent les premiers à être supprimés. 

Ces genres d'investissements ont aussi contribué à convaincre certains des sceptiques qui pensaient que nos réformes scolaires étaient trop spartiates, trop utilitaires et trop politiques. 

Nous investissons beaucoup dans les réparations et les rénovations de nos écoles.

Nous dépensons cinq milliards de dollars de plus, affectés à plus de 12 000 projets d'immobilisations. 

Un jour, Winston Churchill a dit : « D'abord, nous façonnons nos bâtiments, puis ils nous façonnent. » 

Si nous voulons des écoles qui stimulent nos enfants, nous devons veiller, à tout le moins, qu'elles soient en bon état.

Leçon sept : 

La meilleure façon de soutenir l'effort déployé pour améliorer son école, c'est qu'il demeure personnel.

S'il ne s'agit que d'une question de bonne politique publique, cela ne suffira pas à la longue.

C'est la raison pour laquelle je me suis voué à améliorer le plus possible les écoles de l'Ontario.

Du côté de mon père, sa mère s'est mariée à 16 ans à un homme de 32 ans.

Tous deux avaient étudié jusqu'à la huitième année y comprise.

Ils avaient six enfants.

Mon père était le plus jeune.

Ma grand-mère tenait une pension. Mon grand-père était veilleur de nuit.

Du côté de ma mère, son père a un jour quitté le domicile quand elle était encore très jeune.

Il n'est jamais revenu.

En conséquence, sa mère, délaissée en compagnie de cinq fillettes, a gagné sa vie en faisant des ménages.

Deux générations plus tard, j'ai le privilège, à titre de Premier ministre, d'être au service de treize millions d'Ontariennes et Ontariens.

C'est le pouvoir de l'éducation, le pouvoir de relever la condition de toutes et de tous.

Mon père fut le premier de sa famille à terminer les études secondaires.

Poursuivant ses études, il obtint un doctorat. Ma mère devint infirmière.

Mes parents avaient dix enfants. Tous les dix, nous avons obtenu un diplôme de l'université.

Mon père est disparu.

Aujourd'hui, ma mère a 26 petits-enfants.

Chacun de ces petits-enfants ira à l'université. C'est ce à quoi on s'attend.

Ils peuvent y parvenir. Et l'occasion est là.

Bon, ce qui est le plus extraordinaire, dans mon histoire, c'est son côté vraiment ordinaire.

Dans le monde entier, des millions et des millions de familles doivent leur réussite à une éducation publique accessible.

Dans son livre « In Praise of Education », John Goodlad offre cette magnifique description :

« L'éducation est le fondement de notre liberté. C'est la garantie de notre avenir, c'est la raison de notre prospérité et de notre pouvoir, c'est le bastion de notre sécurité, c'est le phare qui brille de tous ses éclats, c'est la source de notre édification. »

Il s'agit de mots merveilleux. J'aime cette description de l'éducation, cette noble entreprise que nous défendons, vous et moi.

Notre défi consiste à insérer cette vision dans les bases d'une action politique déterminée.

Notre responsabilité consiste à établir un système d'éducation à la hauteur des rêves que nous réalisons pour nos enfants.

Merci.

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Éducation et formation