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Allocution du premier ministre à l'Arava Institute For Environmental Studies en Israël

Bulletin archivé

Allocution du premier ministre à l'Arava Institute For Environmental Studies en Israël

Cabinet du premier ministre

Je suis en Israël où je participe à une mission commerciale de l'Ontario.

Nous avons avec nous plus de 40 représentants d'entreprise, d'hôpital et d'université. Nous voulons créer ici des liens plus solides.

Mais nous faisons aussi quelque chose de tout aussi important : nous désirons mieux nous connaître.

Nous avons bien des choses en commun mais nous avons également quelques différences.

Au Canada, l'histoire est quelque chose que nous apprenons dans les manuels. Ici, les manuels sont gravés dans la terre.

Au Canada, notre territoire est vaste mais notre histoire est courte. Ici, le territoire est petit mais votre histoire est épique.

J'ai un message tout simple pour nos étudiants et le voici : vous avez beaucoup à offrir au monde et notre monde a besoin de vous.

Nous avons besoin de votre énergie.

Nous avons besoin de votre vitalité.

Nous avons besoin de votre enthousiasme.

Nous avons besoin de votre énergie sans faille.

Nous avons besoin de votre impatience.

Mais, par dessus tout, nous avons besoin de votre idéalisme.

Nous avons besoin de votre merveilleuse capacité à voir au-delà du moment présent et de la situation actuelle pour savoir ce qu'il convient de faire.

Ma génération se perd trop souvent dans des défis qui semblent insurmontables du point de vue social, économique et environnemental.

Nous avons besoin de votre aide pour voir les possibilités qui s'offrent à nous.

Nous avons besoin de nous entraider de telle sorte que nous puissions voir aussi ces possibilités.

Vous savez la vie peut avoir un effet corrosif. Cela peut vous jeter à terre. Cela peut détruire votre idéalisme.

Ne laissez pas une telle chose se produire. L'idéalisme est l'atout le plus précieux pour bâtir un monde meilleur. Un trop grand nombre de personnes de ma génération ont perdu cet idéalisme.

Cet institut est bâti sur l'idéalisme. Il rassemble des étudiants de différentes nationalités et de différentes confessions qui partagent une conviction commune qui est que l'on est à son meilleur lorsque nous travaillons ensemble.

Pendant quatre ans, j'ai étudié la biologie. Puis je suis allé à l'école de droit et je me suis intéressé à la politique. Mais il existe une certaine arrogance impardonnable à propos de notre espèce : nous refusons de reconnaître à l'occasion notre interdépendance.

Nous ne réussirons jamais aussi bien que lorsque nous reconnaissons que nous menons les mêmes combats et qu'il nous faut travailler ensemble.

Il s'agit d'un idéal fondamental qui est tout simple : nous travaillons mieux lorsque nous travaillons ensemble.

J'ai appris cela en grandissant. D'une certaine façon, j'ai grandi dans mon propre kibboutz. À la maison, nous étions dix enfants et deux parents.

Je vais vous montrer à quoi tout cela ressemblait. Souper en soirée : cinq enfants d'un côté, cinq enfants de l'autre, mon père tout au bout, et ma sainte mère, lorsqu'elle avait le temps de s'asseoir, à l'autre bout.

Et mon père était du genre grand professeur de stature imposante, intelligent avec un doctorat.

Il regardait tous les enfants dans les yeux et disait : « Les enfants, rappelez-vous de ce que je vais vous dire, personne ici n'est aussi fort que nous tous ensemble et personne ici n'est aussi intelligent que nous tous ensemble ».

Ceci est une leçon de sagesse que je n'ai jamais oubliée.

Bien sûr, vous allez avoir besoin de bien plus que de votre idéalisme et que de travailler ensemble pour réussir ou pour permettre à notre monde de réussir. Vous avez étudié la science tout comme moi.

Il y a quatre-vingt ans, un philosophe du nom de John Dewey a dit que chaque grande percée de la science était le résultat d'une nouvelle audace de l'imagination.

Ces jours-ci, notre monde a désespérément besoin à la fois d'imagination et d'audace, qu'il s'agisse d'un défi mondial comme les changements climatiques, d'un défi régional comme le récent déversement de pétrole aux États-Unis ou encore d'un défi local comme une pénurie d'eau.

Notre monde a besoin de ceux et celles qui ont une imagination audacieuse.

Ici, il y a une certaine ironie : nous, humains, sommes la solution aux problèmes auxquels fait face notre planète mais nous en sommes également la cause. Et nous sommes les seuls qui sont équipés pour réparer les dommages que nous avons faits.

Une fois, j'ai eu une belle conversation avec une femme du nom de Roberta Bondar, soit  la première femme astronaute du Canada.

Elle m'a dit qu'elle était là haut dans la navette spatiale. Elle avait deux hublots dans lesquels elle pouvait regarder. Elle regardait l'immensité de l'espace et a dit : « Tout ce que je peux apercevoir c'est le noir total avec de faibles percées de lumière. »

Vous et moi nous trouvons de ce côté-ci de l'atmosphère. Nous percevons la lumière des étoiles comme une sorte de scintillement. Les hommes décrivent cela de cette façon depuis des milliers d'années mais de l'autre côté de l'atmosphère, il s'agit tout simplement de lumière morte.

Puis elle a regardé dans l'autre hublot et a vu cette fragile petite boule bleue... Puis elle s'est sentie attirée par l'idée de prendre au collet l'humanité et de lui dire : « J'ai été dans l'espace. Au meilleur de notre connaissance, il n'y a pas d'autres lieux qui abritent la vie. C'est aussi simple que cela. Il nous faut donc prendre un meilleur de cette planète. »

J'ai compris qu'il s'agissait d'une observation d'une telle profondeur.

Pour moi, il me semble que la chose la plus importante à respecter sur une planète, c'est l'eau.

Qu'est-ce que nous cherchons lorsque nous tentons de trouver de la vie sur d'autres planètes?

Nous sommes à la recherche d'eau. C'est ce qui permet à la vie de se développer. C'est à l'origine de la vie.

Ici, sur Terre, cela est tout aussi essentiel à notre vie terrestre.

Il existe une autre cruelle ironie. Dans ce monde, soixante-cinq pour cent de la planète est recouverte d'eau. De ce chiffre, 97 pour cent est de l'eau salée et deux pour cent est de l'eau gelée, ce qui laisse 1 pour cent d'eau douce qui soit accessible.

Ma province de l'Ontario est privilégiée d'avoir une abondance d'eau douce. Nous avons, si vous pouvez l'imaginer, plus de 250 000 lacs.

Puis, il y a les rivières et les courants d'eau.

Ensemble, ma province dispose du tiers de la réserve d'eau douce du monde.

En fait, le mot Ontario vient d'un mot iroquois. Les Iroquois sont l'un de nos peuples autochtones. Ce mot signifie eau vive et magnifique.

Je n'ai pas à vous dire qu'ici dans cette région du monde et ailleurs, l'approvisionnement en eau douce est difficile et que cela ne fera qu'empirer pour nous tous.

On nous dit que dans les 20 prochaines années, la demande mondiale pour de l'eau va excéder l'approvisionnement de 40 pour cent.

Il est intéressant de constater que, même si la situation en Ontario et en Israël sont très différentes, nos conclusions demeurent les mêmes. Nous avons discuté avec certaines entreprises d'ici.

Nous avons tous deux fait de la conservation et de la purification de l'eau une priorité, reconnaissant le changement fondamental et la merveilleuse occasion qui s'offrent à nous.

Dans votre pays, vous avez développé une immense expertise dans la conservation de l'eau et l'efficacité en matière d'eau. La technologie d'irrigation par goutte à goutte fait partie de cette expertise.

Hé bien, il y a quelques semaines au Canada, notre gouvernement a présenté une nouvelle en Ontario. Nous l'avons appelé Loi sur le développement des technologies de l'eau.

Cela sera un important volet de notre stratégie visant à devenir plus efficace en matière de consommation d'eau et à mettre sur pied une solide industrie en développant et en exportant les technologies et les services en matière d'eau propre.

C'est notre objectif de devenir le chef de file en Amérique du Nord pour le secteur de l'industrie de l'eau saine.

Et cet objectif origine de deux choses.

Tout d'abord, un sens des responsabilités et de l'intendance qui se fonde sur notre compréhension que l'eau, tout comme toute chose provenant de notre environnement naturel, ne nous appartient pas. Nous en sommes les fiduciaires au nom de nos enfants...

Et deuxièmement, nous comprenons que nous ne pouvons pas avoir une solide économie du 21e siècle sans une politique mature et responsable en matière d'environnement.

Il est vrai de dire que notre monde a récemment été aux prises avec une récession économique mondiale.

Et il est facile et tentant de penser que l'environnement est quelque chose de secondaire, de quelque chose qui est une valeur ajoutée mais dont on se préoccupe uniquement quand les choses vont bien.

Mais la dure réalité est la suivante :

L'économie est intimement liée à notre environnement et nous ne devrions jamais oublier ce fait

En Ontario, nous travaillons à renforcer l'économie et à protéger l'environnement en même temps.

Ainsi, en plus de la Loi sur le développement des technologies de l'eau, nous avons lancé quelque chose que nous appelons la Loi sur l'énergie verte.

En une seule année, cela nous a permis d'amasser 16 milliards de dollars en nouveaux investissements d'énergie propre, mettant ainsi à profit l'énergie provenant du vent et du soleil.

Mais qu'est-ce que cela signifie?

Cela signifie 36 000 emplois.

Ceci est important pour 36 000 familles.

La Loi sur l'énergie verte fait de l'Ontario l'endroit avec la croissance la plus rapide en Amérique du Nord en ce qui a trait à l'énergie propre.

Une raison qui nous nous motive à réussir est que nous nous sommes engagés à mettre fin à la production entière d'énergie par la combustion de charbon. Et lorsque vous faites cela, cela vous oblige à innover et à vous tourner vers les énergies renouvelables.

Et voici la dernière chose que je mentionnerai dans certaines des bonnes choses que nous faisons pour l'environnement.

Nous avons mis de côté 225 000 kilomètres carrés des grandes forêts que nous avons dans le Nord de l'Ontario. Cela représente dix fois la superficie d'Israël.

Nous l'avons mis de côté à jamais. Vous savez pourquoi? Parce que c'est un gros poumon au service de l'humanité.

Tous les jours, ces forêts inhalent du gaz carbonique et pour ensuite expirer de l'oxygène. Nous estimons que nous avons la responsabilité de protéger ces terres pour les gens de partout.

Et c'est la véritable raison.

Chaque lieu, chacun de nous, doit faire sa part.

J'ai été inspiré par le bon travail que vous accomplissez ici à l'Institut Arava et je vous encourage à continuer.

Le monde a besoin de vous. Il a besoin de vos talents, de votre enthousiasme, de votre audace, de votre créativité, de votre idéalisme et de votre leadership.

Et je m'en vais vous inviter à nous rendre visite un de ces jours en Ontario. Nous sommes des citoyens et des citoyennes du monde.

Votre nationalité est importante. Vous appartenez à la famille humaine. Un de ces jours, venez nous visiter.

L'Ontario est privilégié non seulement par ses espaces naturels mais également par la grande diversité de sa population.

Toronto, qui est notre capitale provinciale est la ville la plus diversifiée au monde.

Près de la moitié des personnes qui y vivent sont nés à l'extérieur du pays.

Chaque année, la moitié des 250 000 personnes qui immigrent au Canada s'installent en Ontario; cela fait chaque année 125 000 nouveaux arrivants dans une seule province.

Cette magnifique diversité nous aide à saisir une vérité fondamentale, une vérité que je sais que vous comprendrez, que vous apprécierez, une vérité qui inspire cette noble institution, une vérité qui est énoncée par les personnes les plus sages de ce monde et de tous les temps. Et cette vérité est la suivante :

Ce qui importe le plus pour les gens de partout, ce n'est pas la couleur de la peau.

Ce n'est pas la langue que nous parlons.

Ce ne sont pas les traditions que nous chérissons.

Ce n'est pas la culture que nous avons reçue.

Ce ne sont pas les pouvoirs que nous détenons.

Ce ne sont pas les richesses que nous avons accumulées.

Ce qui importe le plus pour les gens de partout est ce que nous partageons. C'est également ce que nous avons en commun. C'est notre humanité.

Nos différences nous rendent intéressants.

Mais ce qui est important est ce que nous avons en commun et c'est notre humanité.

Si vous et moi devions frapper à 100 portes dans toutes les régions du monde et que nous devions demander aux familles ce qui est le plus important. Je crois que ces familles diraient toutes la même chose.

Elles diraient : « Nous voulons une bonne éducation pour nos enfants.

Nous voulons de bons soins de santé pour tous les membres de notre famille.

Nous voulons de bons emplois pour pouvoir jouir de bonnes normes de vie.

Nous voulons vivre dans un monde qui est en paix.

Et nous voulons un environnement qui est sécuritaire et sain. »

Ces aspirations toutes simples, fondamentales et bien humaines sont partagées par des personnes venant de partout sur la planète.

Au nom de ces personnes, je vous remercie de tout ce que vous faites pour créer une meilleure vie pour vous et pour les familles.

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