Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Le premier ministre McGuinty réclame une nouvelle entente de 10 ans en matière de santé.

Bulletin archivé

Le premier ministre McGuinty réclame une nouvelle entente de 10 ans en matière de santé.

Cabinet du premier ministre

Monsieur le premier ministre Turner, honorable Bob Rae, distingués invités, chers collègues, mesdames et messieurs, chers Ontariennes et Ontariens.

Nick, merci de cette présentation fort gentille, fort éloquente et fort touchante.

Merci à vous, mesdames et messieurs, d'avoir pris le temps malgré vos horaires chargés d'être ici aujourd'hui.

Nul doute que vous avez d'autres priorités.

Nous sommes en plein milieu d'une importante campagne électorale fédérale fort occupée.

Et en tant que province la plus populeuse du Canada, et en tant que locomotive de l'économie canadienne, cette élection revêt une importance particulière pour bien des Ontariennes et Ontariens.

Comme vous, je suis la campagne avec beaucoup d'intérêt et plus que jamais avec une modeste fierté.

Je me sens privilégié de vivre dans un pays où nous pouvons débattre des questions, interroger les candidats et faire nos choix en toute paix et librement sans qu'un vote ne soit plus important qu'un autre.

Comme vous le savez sans doute, il existe des lieux en ce monde où les gens doivent se battre et même donner leur vie pour avoir le droit de jouir de ce magnifique cadeau qu'est la démocratie dont vous et moi avons héritée.

Et peu importe nos politiques, je crois que nous sommes tous d'accord que nous sommes fortunés.

Vous savez, à toutes les fois que approchons d'une saison électorale, on nous remet en mémoire une vérité fondamentale à propos de la démocratie : le peuple a toujours raison.

Lors d'une élection, le peuple a le mot final sur des questions qui lui importent le plus. 

Depuis bien des décennies, une question revêt une importance particulière pour les Ontariens et les Canadiens. Il s'agit des soins de santé.

Nous sommes à la recherche de la sécurité que procurent des soins de santé de qualité, financés par les deniers publics et dont l'accès est universel.

Nous voulons avoir l'assurance qu'advenant que nous devenions malade et que nous devions être hospitalisé ou si cela survient à un de nos êtres cher, nous voulons recevoir des soins de qualité.

Nous n'aurons pas à nous battre. Nous ne serons pas laissés à nous-mêmes.

Notre réseau de soins de santé est un élément très important de ce que cela signifie que d'être Canadienne et Canadien.

Cela signifie que si vous devenez malade, c'est tout ce qui importera. Nous serons là pour vous.

Peu importe l'argent que vous possédez ou l'influence que vous exercez. Si vous devenez malade, nous serons là pour vous. C'est aussi simple que cela.

Je veux que mes enfants et mes petits-enfants aient aussi cette certitude. Je veux qu'ils vivent dans ce type de pays.

Et cela, mes amis, va nécessiter un peu de travail.

La population le sait.

Les coûts des soins de santé ne cessent de grimper. Ils continuent de rogner une portion de plus en plus grande du budget de la province.

Il y a 20 ans, 32 cents de chaque dollar que le gouvernement dépensait était pour les soins de santé.

De nos jours, c'est 46 cents de chaque dollar.

Et en tant qu'enfants de l'après-guerre qui prennent de l'âge, nous exerçons encore plus de pressions sur le réseau.

Ainsi, les Canadiennes et Canadiens ne veulent pas seulement nous entendre dire que nous sommes dévoué à l'assurance-maladie mais ils et elles veulent que nous élaborions un plan crédible pour assurer sa survie.

J'ai été ravi de voir que, trois semaines après le début de la campagne électorale fédérale, on avait finalement amorcé des discussions sur l'avenir des soins de santé.

Cela a été un bon départ mais je crois que nous devons encore plus élargir la discussion. Et la campagne donne la possibilité aux partis fédéraux de faire part de leur vision de l'avenir de l'Assurance-maladie.

En ce moment, je crois qu'il y a une absence de vision.

Jusqu'à maintenant, la plupart de ces discussions n'ont mentionné qu'un engagement de deux ans, ce qui peut être adéquat pour maintenant mais cela ne fournit pas de cadre pour l'avenir.

Qu'est-ce qui arrivera après deux ans?

Est-ce que ce sera un autre engagement de deux ans?

Comment pouvons-nous bâtir une Assurance-maladie à longue échéance si nous prenons mesures aussi courtes maintenant?

Pour nous rendre à bon port, nous avons besoin d'une carte.

Les Canadiennes et Canadiens doivent voir une carte de l'avenir de notre Assurance-maladie.

Cela signifie voir au-delà d'un plan de financement de deux ans et créer une nouvelle vision sur 10 ans.

Nous savons que cela est possible.

Nous ne sommes pas en train de décrocher la lune ici.

Nous l'avons fait en 2004.

Nous pouvons donc le faire à nouveau.

Je crois que nous devons amorcer ce processus, cette discussion nationale, dès maintenant.

Et que nous devrions avoir une nouvelle entente en matière de santé d'ici la fin de 2012.

Pourquoi devrions-nous attendre jusqu'en 2014, alors qu'il y a tant de travail à faire pour renforcer l'assurance-maladie?

Nous devons nous y attaquer.

Et le plus tôt sera le mieux.

Pour obtenir cette nouvelle entente, il nous faut trois choses : la première, il faut que le gouvernement fédéral respecte ses solides engagements en matière de financement pris au cours de la campagne. Deuxièmement, il faut que le gouvernement fédéral tienne une discussion à l'échelle nationale sur comment pouvons nous renforcer l'Assurance-maladie dans le futur. Et, finalement, ces discussions doivent donner lieu à une nouvelle entente de 10 ans, négociée entre les provinces et les territoires, le tout assortie de priorités, d'une imputabilité et d'objectifs clairs.

Les engagements fédéraux de financement faits au cours de cette campagne sont importants et sont appréciés.

Il faut se rappeler que le gouvernement fédéral ne contribue que 23 cents de chaque dollar dépensé en soins de santé en Ontario.

C'est la province qui défraye le reste.

Il existe une autre façon de contribuer pour le gouvernement fédéral.

Et pour les Ontariennes et Ontariens, ceci n'est pas négociable.

L'engagement du gouvernement fédéral à une assurance-maladie de haute qualité, publique et universellement accessible doit être fort et sans faille.

Il ne doit pas y avoir de façons de se dérober ou de contourner cet engagement.

Mais ne vous méprenez pas.

Nous sommes ouverts à toutes sortes de changements en matière de soins de santé.

Toutes les sortes d'innovation.

Mais au sein de l'assurance-maladie.

Pas à l'extérieur.

Je suis optimiste à propos d'une nouvelle entente.

Comme je le dis, nous l'avons précédemment fait.

J'ai fait partie des négociations en 2004 qui sont à l'origine de cette entente en matière de santé.

Chacun de nous, les premiers ministres, le premier ministre du Canada, étions confinés au 24 Sussex jusqu'aux petites heures du matin. 

Cela n'a pas été facile et, à certains moments, cela n'était pas joli.

Mais nous n'avons jamais baissé les bras.

Et nous n'avons jamais laissé tomber.

Nous avons produit une entente globale de 10 ans qui a donné des changements réels et positifs.

Nous avons quitté cette réunion fatigués mais avec le sentiment de nous être engagés.

Un engagement pris par le gouvernement fédéral pour financer des périodes d'attente plus courtes pour tous les Canadiens et Canadiennes.

Cela a été un progrès pour nous tous.

Mais cela ne s'arrêtait pas là pour notre province.

Comme pour les autres provinces, nous obtenions plus d'argent pour les soins de santé.

Mais, à la différence des autres provinces, nous obtenions moins que notre juste part.

Depuis plus de 20 ans, les gouvernements en Ontario ont justement défendu notre cause auprès d'Ottawa.

Et, pour la première fois il y a seulement quelques années, nous avons eu droit à une réponse positive.

Une reconnaissance que oui, les Ontariennes et Ontariens doivent obtenir le même niveau de soutien que les Canadiennes et Canadiens des autres provinces.

Ainsi la combinaison d'une nouvelle entente nationale en matière de santé de concert avec un traitement équitable pour l'Ontario nous procure l'espoir de changements réels, positifs et sensés en santé.

Cette stabilité, cette prévisibilité et cette imputabilité, en plus de nos investissements, ont permis aux Ontariennes et Ontariens d'obtenir de remarquables résultats.

Je vais en énumérer quelques-uns.

Nous avons bâti 13 nouveaux hôpitaux.

Cinq de plus sont présentement en construction.

Nous avons embauché plus de 11,000 nouvelles infirmières et nouveaux infirmiers et près de 2 900 médecins de plus.

Nous sommes passés de zéro à 200 équipes Santé familiale qui desservent trois millions de personnes.

Nous ouvrons 25 cliniques dirigées par du personnel infirmier praticien, soit les premières du genre en Amérique du Nord, pour être au service de plus de 40 000 Ontariennes et Ontariens qui n'avaient pas accès à des soins de familles.

Vous pouvez dire qu'il s'agit de simples résultats mais qu'est-ce que nous obtenons?

Ces investissements ont fait toute une différence, une véritable et réelle différence dans la vie des personnes.

Par exemple, de nos jours, 94 % de tous les Ontariens ont accès à un médecin de famille.

Ceci correspond à 1,2 million de personnes de plus qu'en 2003.

Et auparavant, nous ne mesurions même pas les temps d'attente. Maintenant, nous sommes en tête de liste pour les temps d'attente dans bon nombre de procédures clés.

Mais la vérité est que nous venons à peine de commencer nos réformes en matière de soins de santé.

Et si vous vous arrêtez pour y penser, nous venons à peine de commencer à aider les Ontariennes et Ontariens qui veulent mener des vies plus saines.

C'est pourquoi je demande un nouvel accord de 10 ans.

Parce que nous avons besoin de nous atteler ensemble à cette tâche dès maintenant.

Nous avons besoin des signatures au bas de cette entente et qu'elle entre en vigueur.

De telle sorte que les provinces, comme l'Ontario, puissent avoir des certitudes pour pouvoir commencer à faire des réformes fondamentales. Ceci assurera l'avenir de notre réseau de santé, pour tous et toutes, peu importe où vous vivez, ce que vous faites, ou combien vous gagnez.

Et ainsi ces familles pourrons planifier leur propre avenir en sachant que ce service essentiel sera là lorsqu'elles en ont besoin, peu importe leur capacité de payer.

Je vois cela comme un moment intéressant pour les soins de santé au Canada.

Les Ontariennes et Ontariens et, à mon avis, les Canadiennes et Canadiens, sont prêts au changement.

Un type de changement qui tire avantage de l'innovation pour améliorer la qualité de nos soins de santé et améliorer l'efficience du réseau.

Mais les Ontariennes et Ontariens insistent pour que ces changements soient faits à l'intérieur de notre réseau public de soins de santé.

Il s'agit exactement du type de changements que nous faisons ensemble en  Ontario depuis déjà 8 ans.

Laissez-moi vous donner quelques exemples.

En effectuant plus de chirurgies bariatriques en Ontario, au lieu des États-Unis, nous avons réduit les coûts de moitié.

C'est en adoptant les meilleurs pratiques, comme celles reliées au traitement des plaies tels que développé par nos infirmières et infirmiers, que nous améliorons la qualité des soins et que nous économisons des milliers de dollars par patient.

C'est en prenant le « taureau par les cornes » en ce qui a trait aux médicaments et en adoptant une nouvelle loi en Ontario que nous avons réduit de moitié les coûts des médicaments génériques, ce qui permet d'économiser un demi-milliard de dollars chaque année.

Cela nous a permis de financer de nouveaux médicaments pour traiter encore plus de maladies.

Nous avons créé un registre électronique de santé comme base à de meilleurs soins plus rapides.

En 2006, moins de 800 000 Ontariennes et Ontariens possédaient un dossier médical électronique.

Aujourd'hui, ce chiffre est de 7 millions.

En 2012, il atteindra 10 millions.

Ce que je tiens à souligner, c'est qu'il y a plusieurs économies, améliorations et mesures d'efficience que l'on peut trouver dans notre façon d'offrir nos soins de santé.

L'Accord de 2004 en matière de santé comporte bon nombre de mesures visant à aider les provinces à réaliser ensemble ce type de progrès.

Une partie de ce travail n'est pas terminée. Par exemple, cet accord réclame que nous travaillions à la mise en œuvre d'une stratégie nationale des produits pharmaceutiques.

Cela ferait en sorte que tous les Canadiens et Canadiennes auraient accès aux mêmes médicaments.

Cela ne peut être que plus équitable.

Et cela ferait en sorte que toutes les provinces et territoires achèteraient leurs médicaments ensemble pour ainsi obtenir un meilleur prix.

Cela est brillant.

L'Entente de 2004 réclamait également une action concertée dans un autre dossier important touchant à la santé de notre pays, soit l'amélioration des soins à domicile.

Selon l'Institut canadien d'information sur la santé, les personnes âgées comptent pour 14 % de la population mais pour 44 % de nos dépenses en soins de santé.

Un Accord sur la santé renouvelé de 10 ans nous aidera à continuer à progresser dans ces secteurs importants.

Je veux que vous sachiez que je suis confiant.

Nous pouvons poursuivre la construction de l'Assurance-maladie pour le futur grâce à la collaboration et à l'innovation.

J'ai eu la possibilité d'étudier la biologie pendant quatre années avant d'entreprendre des études de droit. Cela m'a permis de comprendre quelque chose : l'être humain est la seule espèce dotée d'une imagination. Il n'y a aucune limite à ce que nous pouvons accomplir lorsque nous faisons usage de notre esprit, que nous restons concentrés, déterminés et que nous devenons pleins de ressources.

Alors imaginez-vous si 13 millions d'Ontariennes et Ontariennes, ou mieux encore 34 millions de Canadiennes et Canadiens, s'engagent à entreprendre des réformes de notre Assurance-maladie. Je peux vous dire que nous nous le devons, nous le devons également à nos enfants, à nos petits-enfants et nous le devons au reste du monde alors que tout le monde sont aux prises avec les coûts des soins de santé. Pourquoi ne pouvons-nous pas devenir un brillant exemple de ce qui peut être accompli lorsqu'il s'agit de préserver quelque chose d'aussi précieux?

Vous savez, je crois qu'il est intéressant que ceux et celles qui proposent un certain niveau de privatisation des soins se présentent comme des « innovateurs ».

Mais faire en sorte que les gens payent pour des soins et qu'ils doivent se débrouiller par eux-mêmes est peut-être une des plus vieilles idées.

Il est vrai de dire que les défenseurs du 21e siècle de l'Assurance-maladie sont les champions de l'innovation.

Nous avons une foi indéfectible dans notre capacité à travailler ensemble de manière créative et à améliorer les grandes idées.

Et qu'est-ce que l'Assurance-maladie si ce n'est pas l'une des idées les plus courageuses, créatives et visionnaires que nous avons jamais rêvé en tant que nation?

Par conséquent, lutter pour sauver l'Assurance-maladie, c'est lutter pour le changement.

Lutter pour l'Assurance-maladie, c'est lutter pour le changement.

Un changement positif, constant et constructif.

Ainsi, réunissons les leaders. Partageons nos idées. Attardons-nous aux objectifs. Mettons-nous d'accord sur les solutions.

Si nous examinons notre histoire, nous avons de nombreux exemples de la façon dont nous avons fait progresser notre pays en nous rassemblant, en nous mettant d'accord sur des principes et en prenant des mesures concertées.

La création de notre pays s'est produite de cette façon.

Établir un consensus est ce que nous faisons.

C'est ce que nous sommes.

C'est nous à notre meilleur.

C'est la façon dont nous allons continuer à bâtir ce grand pays.

Les Ontariennes et Ontariens ont hâte de bâtir l'assurance-maladie de demain.

Et nous avons d'autres questions également que nous aimerions aborder avec le gouvernement fédéral.

Nous cherchons à obtenir du soutien d'Ottawa alors que nous investissons dans le secteur de l'énergie propre.

Nous cherchons à obtenir un juste soutien pour nos immigrants.

Nous désirons réparer le système de péréquation qui, l'an dernier, a exigé que les contribuables de l'Ontario transfèrent 5 milliards de dollars nets au reste du pays.

Et nous voulons obtenir notre juste part de sièges à la Chambre des Communes pour ainsi continuer à être un solide partenaire de la Confédération.

Et il n'y a qu'une façon de résoudre ces questions et c'est ensemble en tant que partenaires.

Un de mes prédécesseurs, le premier ministre John Robarts, l'a ainsi dit il y a près d'un demi-siècle : « La simple découverte qu'il y a des fentes et des crevasses dans l'édifice de notre Confédération ne devrait pas nous faire fuir, paniquer et abandonner notre maison vieille d'un siècle. Au contraire, agissons comme de bons artisans, réglons ces défauts et faisons en sorte que cet édifice durera encore plus longtemps ». 

Mes amis, c'est le défi qu'il nous fait relever et cette possibilité s'offre à nous dès maintenant.

Il vous faut savoir quelque chose. Tout au long de notre histoire, les Ontariennes et Ontariens ont été des bâtisseurs prêts à faire usage de leurs meilleurs outils.

Nous les avons sous la main et nous sommes prêts à nous atteler à la tâche, prêts à rebâtir notre assurance-maladie pour le 21e siècle, prêts à travailler avec nos concitoyens canadiens et déterminés à bâtir un Ontario plus fort pour un Canada plus fort.

Je vous remercie infiniment.

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