Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Discours d'acceptation de la première ministre lors de la soirée de remise de prix Equal Voice

Discours archivé

Discours d'acceptation de la première ministre lors de la soirée de remise de prix Equal Voice

Cabinet du premier ministre

Bonjour. Hello! Ahnee. Bojoo. 

Nous nous trouvons sur le territoire traditionnel des Mississaugas de New Credit. J'aimerais remercier Raylene, Lesley et Gordon de m'avoir accueillie ici, aujourd'hui.

C'est un grand honneur pour moi de me trouver parmi cet impressionnant groupe d'hommes et de femmes et de recevoir ce prix, qui a été décerné à tant de femmes exceptionnelles dans le passé. Cette année a été vraiment une année incroyable pour moi et pour les femmes de l'arène politique du pays.  

En février dernier, je suis devenue la première femme à occuper le poste de première ministre de l'Ontario. J'ai obtenu cet honneur après avoir participé à une course au leadership sérieuse, réfléchie et dynamique, avec comme concurrente de taille l'impressionnante et l'incomparable Sandra Pupatello.

Après mon entrée en fonction, j'ai eu le plaisir d'assister à l'assermentation de mon amie et collègue Deb Matthews, qui est aussi parmi nous aujourd'hui, aux fonctions de vice-première ministre. Au printemps, j'ai entamé de sérieuses négociations budgétaires avec Andrea Horwath, chef du NPD et lauréate de ce prix l'année passée, qui est assise à côté de moi pour ce merveilleux déjeuner. Nos discussions, et le budget qui a été adopté par notre Assemblée législative minoritaire en conséquence, ont abouti à des progrès concrets pour la population de la province.

Au cours de l'été, j'ai eu la chance de présider le Conseil de la fédération, une réunion de dirigeants provinciaux et territoriaux qui, pour la toute première fois, avait une représentation presque égale d'hommes et de femmes. Nous étions six femmes premières ministres! J'ai donc pu assister de près à des moments de grande fierté, qui signifient beaucoup, aussi bien pour moi personnellement, que pour l'Ontario.

Mais, laissons le côté personnel et posons-nous cette question : pourquoi cette représentation est-elle importante? Pourquoi est-ce si important pour nous tous que des femmes remplissent ces fonctions et que nous continuions à attirer davantage de femmes sur la scène politique, comme électrices, candidates et chefs de parti?

Ce n'est pas pour poser un geste symbolique ni pour poursuivre quelque objectif abstrait. C'est à cause du véritable impact que nous pouvons avoir. À cause de notre façon particulière d'aborder les enjeux et de relever les défis. On a dit qu'une proposition de représentation des femmes de 30 % créerait une « masse critique » qui aurait un impact visible sur le style et le contenu des décisions politiques. C'est ça l'objectif à atteindre.

Nous voulons y parvenir, en raison de la nature du travail que nous serons capables d'exécuter, des changements que nous pourrons apporter. C'est cela qui nous motive. Mais pour y parvenir, nous avons du pain sur la planche. Nous devons dissiper les mythes qui bloquent encore notre chemin et freinent l'aspiration. L'un des mythes que j'essaie maintenant de faire disparaître est celui qu'une femme au pouvoir ne peut pas avoir un impact positif, marquant, dans la gestion de l'économie.

Les gens me disent ouvertement : « Kathleen, nous savons que les gens te tiennent à cœur, mais nous ne sommes pas sûrs que tu es capable de diriger l'économie. »  Il serait tentant de citer Sheryl Sandberg maintenant et de rappeler le besoin pour les femmes d'avoir de l'ambition, mais je préfère citer un dirigeant canadien, l'autre Trudeau, le précédent : « Regardez-moi faire ».

Je sais que je suis capable de prendre des décisions difficiles, capable d'attirer des entreprises en Ontario et de faire preuve du leadership dont notre économie a besoin. Toutefois, nous devons également briser le mythe selon lequel relancer l'économie, trouver des solutions pour notre province et pour cette période particulière, constitue un exercice financier abstrait, sans rapport avec la réalité quotidienne de la vie.

Nous savons que ce n'est pas vrai. Les femmes savent que ce n'est pas vrai.  Nous comprenons que les soutiens sociaux que nous offrons, les logements que nous construisons, le réseau d'éducation que nous soutenons, les possibilités que nous donnons aux gens de vivre bien, de travailler dur et d'atteindre leur potentiel, sont tous des aspects entièrement tributaires des perspectives économiques.

Les réalités de notre climat économique ont des répercussions profondes sur la vie des femmes dans notre province - sur les perspectives d'emploi de leurs enfants, sur leur capacité de prendre soin de leurs parents, sur leurs économies de retraite, et sur le temps qu'il leur faut pour se rendre au travail et rentrer à la maison.

Tous ces enjeux sont considérés par les femmes comme des problèmes ÉCONOMIQUES, et non des problèmes sociaux ou de femmes.  Si nous relevons ces défis, nous créerons des emplois, stimulerons l'économie et garantirons à l'Ontario une prospérité continue. Vous allez donc souvent m'entendre parler de ce sujet.

J'ai un plan pour stimuler l'économie, et il ne prévoit pas de supprimer des services ou de réduire des programmes.  Mon plan est d'investir dans les gens, leurs compétences, leurs idées et leur potentiel. Il vise à bâtir le réseau de transport en commun et l'infrastructure dont nous avons besoin dans cette province pour nous déplacer. Pour que les femmes ne perdent pas deux heures pour se rendre à leur lieu de travail et rentrer s'occuper de leurs enfants. Mon plan vise à créer un environnement dynamique et innovateur où les entreprises peuvent prospérer et les gens élargir leur horizon.

En tant que femme, en tant que première ministre, je vais changer notre approche des défis économiques, parce que je comprends les liens intrinsèques entre notre économie et la vie réelle, pour des gens réels. Voilà ma motivation, ma stimulation.

Quand je vois les enfants dans le Nord de la province qui n'ont aucun espoir de trouver un emploi si notre plan de développement des ressources dans le Cercle de feu n'est pas mis en œuvre...Ou quand j'entends des exposés sur la façon de réduire l'écart de pauvreté et que je pense aux femmes qui doivent choisir entre payer leurs factures ou nourrir leurs enfants. Croyez-le bien, je suis plus que jamais déterminée à rétablir l'économie.

Merci pour ce prix. Je suis tellement reconnaissante. Merci à vous tous de m'avoir choisie pour un tel honneur. Je suis déterminée à participer à cette cause et à me servir de mes actions, de mon approche et de ma voix pour attirer un plus grand nombre de femmes dans l'arène politique. Toutefois, je sais que cette tâche ne sera pas toujours facile.

Nous sommes réunis aujourd'hui à l'invitation d'À voix égales, mais je sais d'expérience qu'il n'est pas toujours suffisant de simplement élever la voix. Il faut aussi parfois savoir se boucher les oreilles. Nous devons faire abstraction des gens qui affirment que nous ne parviendrons pas à atteindre notre objectif.

Dans ma carrière, j'ai refusé d'écouter la sagesse politique dominante, d'écouter les gens qui me disaient le nom qu'il leur fallait sur le bulletin de vote pour gagner, ou d'entendre les qualités qui me manquaient pour être une bonne candidate.

Si nous voulons voir davantage de femmes dans la vie publique, si nous voulons étoffer nos rangs et augmenter notre impact à tous les niveaux de la fonction politique dans notre pays, je pense qu'il va falloir encourager les femmes à ne PAS écouter ceux qui leur affirment qu'elles n'y arriveront pas. Nous devons en finir avec les mythes que véhiculent les experts, les stratèges, les consultants et les baratineurs - ceux qui affirment savoir qui peut gagner et comment. Ces gens-là ne pensaient pas que je pourrais gagner.

Dès le premier jour, ils ne voulaient pas de moi. Je voulais poser ma candidature dans ma propre circonscription, Don Valley Ouest. Parce que je suis gay, ces experts ne pensaient pas que je pourrais gagner dans le Nord de Toronto. Ils voulaient que je me présente dans une circonscription plus près du centre-ville. Ces mêmes gens martèleront aux femmes qu'elles ont besoin de beaucoup d'argent, ou d'un certain passé ou de bons contacts...

Qu'elles devraient laisser la place à un « candidat vedette ». Rien de tout cela n'est vrai. Si nous voulons davantage de femmes candidates qui réussissent, nous devons étouffer ce bruit, ces paroles décourageantes, par des histoires qui montrent que c'est possible. Des histoires de réussite réelle.

Je vais donc raconter ces histoires et consacrer mon temps à montrer la différence que nous pouvons apporter, l'impact que nous pouvons avoir. Les vies que nous pouvons réellement améliorer par tout ce que nous entreprenons.

Merci. Thank you. Meegwetch.

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