Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Allocution de la première ministre devant la Chambre de commerce de Calgary

Discours archivé

Allocution de la première ministre devant la Chambre de commerce de Calgary

Cabinet du premier ministre

Bonjour! Je suis ravie d'être ici.

C'est ma première visite officielle en Alberta et je suis très heureuse de l'occasion qui m'est donnée de m'adresser à vous tous. Je tiens à remercier Adam et chaque membre de la Chambre de commerce de Calgary de m'accueillir ici aujourd'hui.

Je suis là parce que l'Ontario attache beaucoup d'importance à sa relation avec l'Alberta - et parce que j'estime crucial d'édifier un partenariat économique encore plus fort entre nos provinces, pour le bien individuel de chacun, mais aussi pour notre bien commun et celui du pays tout entier.

L'Alberta et l'Ontario sont deux moteurs importants de l'économie de notre pays et notre influence, notre innovation et notre leadership réunis continueront à avoir des retombées appréciables sur le bien-être financier et social du Canada.

En fait, depuis mon entrée en fonction au poste de première ministre, j'ai beaucoup parlé de collaboration et du rôle de chaque région de l'Ontario; que ce soit au nord ou au sud, en milieu rural ou urbain, chaque région contribue au succès de la province dans son ensemble. Je ne pense pas que le public croit à la rhétorique politique artificielle par laquelle on dresse les régions et les gens les uns contre les autres.

Chaque région a intérêt à réussir et en concertant nos efforts au nom de l'unité de l'Ontario et de celle du pays, nous accomplissons tellement plus. Dans notre pays, nous avons des objectifs en commun et nous partageons les mêmes priorités, de l'énergie à l'infrastructure, en passant par la croissance économique.

Nous ne sommes pas forcément d'accord sur tous les plans, mais c'est précisément pourquoi nous devons maintenir une relation et trouver un terrain d'entente. Je crois qu'ensemble, nous exerçons une vive influence sur notre prospérité future et celle de notre pays. C'est ce sujet que je souhaite aborder aujourd'hui.

Ensemble, l'Alberta et l'Ontario représentent 50 pour cent de la population totale du Canada et produisent environ 54 pour cent du PIB de la nation. Nos provinces sont le pivot d'industries vitales et sont peuplées de travailleurs sérieux qui ont un immense potentiel. Cependant, nous avons aussi traversé des changements majeurs ces dernières années. Notre démographie a subi une transformation spectaculaire et nous avons dû nous adapter aux réalités économiques et sociales du nouveau marché mondial.

Le leadership, en politique, de nos jours, c'est savoir rester sur la bonne voie et donner à nos concitoyens, à nos collectivités et à notre industrie les meilleurs outils qui soient pour assurer un succès continu.

Et à ce propos, je m'interromps le temps d'une pause pour féliciter le maire Nenshi de sa réélection cette semaine. Votre maire a de nombreux partisans dans l'ensemble du pays, et j'ai moi-même rejoint leurs rangs. J'ai très hâte de rencontrer le maire tout à l'heure. J'aimerais également féliciter Don Iveson, nouveau maire désigné d'Edmonton. Trente-quatre ans - un changement générationnel, en effet!

Pour ceux et celles d'entre vous qui savez peu de choses sur moi : je suis entrée en politique en tant que conseillère scolaire et j'ai été élue pour la première fois au sein de notre parlement provincial il y a dix ans, puis j'ai rempli diverses fonctions : celles de ministre de l'Éducation, ministre des Transports, ministre des Affaires autochtones et ministre des Affaires municipales et du Logement. Au cours de ma carrière en politique, j'ai regardé l'économie ontarienne évoluer, comme celle des autres provinces et des territoires.

Depuis mon assermentation à la charge de première ministre cette année, j'ai fait de la croissance économique et de la création d'emplois les priorités de mon gouvernement. Et je crois qu'à cette fin, il a fallu, entre autres choses, recentrer notre relation avec les autres provinces et les territoires. Au nom de l'unité de notre pays, il est crucial pour nous de trouver des façons de travailler ensemble.

Il ne suffit pas de chercher chacun de son côté de nouvelles possibilités d'échanges commerciaux et de partenariat outremer; nous devons aussi trouver des moyens de travailler ensemble chez nous, au Canada. Nous devons mettre à profit nos réussites respectives et partager notre expertise et notre expérience pour que nous puissions tous progresser.

Le secteur de l'énergie, évidemment, est l'exemple par excellence de ce qui peut être fait en utilisant cette approche. De toute évidence, l'industrie pétrolière et gazière est fondamentale pour l'économie albertaine et pour l'économie canadienne. Mais elle est bonne aussi pour l'Ontario - et je veux que tout le monde comprenne cela. De nos jours, bon nombre de nos fabricants, en Ontario, appuient directement votre industrie et je veux miser sur cette relation.

Par exemple, Burnco Manufacturing, de Concord, en Ontario, était une entreprise florissante spécialisée dans la fabrication d'équipement et l'automatisation, il y a une dizaine d'années, pour le secteur manufacturier ontarien. Lorsque la fabrication traditionnelle a périclité sur l'ensemble du continent, l'entreprise s'est repositionnée en tant que fabricant d'acier de construction spécialisé pour les ponts, les bâtiments industriels et le matériel lourd. Aujourd'hui, elle approvisionne plusieurs sociétés productrices d'énergie et d'infrastructure établies ici, en Alberta, et elle a signé d'importants contrats avec CNRL, le groupe Atco et la Potash Corporation.

Cet été, j'ai eu l'occasion de visiter Newterra, une entreprise de Brockville. Newterra est parmi les principaux fournisseurs qui proposent des solutions de traitement modulaire de l'eau potable et des eaux usées aux marchés industriels et municipaux. Elle offre également un vaste éventail de systèmes clés en main de traitement et d'assainissement aux utilisateurs industriels et finals, notamment les sociétés d'exploitation des sables bitumineux et les fournisseurs de services de champs pétroliers ici, en Alberta.

Les entreprises ontariennes sont intimement liées aux entreprises albertaines. Votre succès alimente le nôtre et vice versa.

Je crois que ce modèle de partenariat et notre capacité à jouer nos cartes d'atout mutuelles peuvent être appliqués de tant d'autres façons. En ma qualité de première ministre de l'Ontario, c'est sur cette relation entre nos provinces que je vais miser.

Cette année, je suis présidente du Conseil de la fédération, qui réunit tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux. En vérité, le gouvernement fédéral fait un pas en arrière sur de nombreux enjeux qui sont de la plus haute importance pour nos provinces et nos territoires et nous, premiers ministres, nous avançons ensemble.

La première ministre Redford et moi avons rencontré nos collègues cet été à Niagara-on-the-Lake, en Ontario, et nous avons démontré que notre concertation pouvait être fort utile.

Nous nous sommes réunis pour fixer le prix des six médicaments génériques les plus couramment utilisés. Ceci épargnera aux contribuables des régions participantes 100 millions de dollars chaque année. Nous avons également fait appel au gouvernement fédéral pour repenser son projet de Subvention canadienne pour l'emploi. Les provinces et les territoires ont une responsabilité constitutionnelle à l'égard de la formation professionnelle, mais les changements unilatéraux que le gouvernement fédéral a appliqués à sa méthode de contribution contraindraient les provinces à trouver un financement supplémentaire de 600 millions de dollars rien que pour maintenir les programmes actuels. Après avoir tendu la main au gouvernement fédéral ensemble, nous avons finalement réussi à obtenir une rencontre pour discuter du programme, six mois après son annonce, et nous avons bon espoir de voir des changements.

Mes collègues et moi travaillerons avec le gouvernement fédéral pour veiller à ce que les personnes les plus vulnérables reçoivent le soutien nécessaire pour trouver un emploi. Nous avons montré à quel point l'opinion des provinces et des territoires pouvait être utile quand nous travaillons tous main dans la main. Cela dit, il nous reste encore beaucoup à faire.

Concernant le secteur de l'énergie, l'Ontario comprend votre besoin d'acheminer les ressources vers les marchés. Et un transport sûr et fiable, notamment le passage efficient par l'Ontario, est essentiel. Mais nous devons nous soucier des normes environnementales et des questions de sécurité, qui sont d'une importance primordiale pour le succès de tout projet.

Tout en favorisant la croissance de nos économies respectives, nous devons définir nos priorités en matière de responsabilités collectives envers les générations futures. Nous devons penser à la durabilité et au changement climatique - une réalité - et trouver des solutions novatrices à l'évolution de nos besoins. En Ontario, nous fermons des centrales thermiques alimentées au charbon et nous introduisons des sources d'énergie plus propres dans le réseau. Ceci a mené à la création d'emplois et à un système beaucoup plus fiable de production d'électricité.

Nous avons tous des forces différentes; c'est pourquoi je suis résolue à travailler à l'élaboration d'un cadre national stratégique de production d'énergie pour le pays. Au sein du Conseil de la fédération, la première ministre Redford préside le Groupe de travail sur la Stratégie canadienne de l'énergie, avec la première ministre Dunderdale de Terre‑Neuve et le premier ministre Selinger du Manitoba, que j'ai rencontrés hier à Winnipeg. Favoriser cette démarche, telle est ma priorité en tant que présidente du Conseil de la fédération. Nous nous sommes entendus - la plupart d'entre nous, du moins - sur les principes communs d'une stratégie de l'énergie.

À présent, les provinces et les territoires doivent travailler ensemble pour :

  • bâtir l'infrastructure énergétique dont nous avons besoin pour répondre aux demandes énergétiques globales et à la nôtre;
  • protéger notre environnement;
  • et créer des emplois dans l'ensemble du pays.

Je travaillerai avec la première ministre Redford et les autres premiers ministres pour nous frayer une voie qui débouchera sur ces objectifs. Nous ne serons pas toujours d'accord, cela va sans dire, mais c'est précisément l'objet de la collaboration : combler les divergences au nom de l'unité canadienne. Ensemble, l'Ontario et l'Alberta joueront un rôle de premier plan dans les efforts faits pour y parvenir.

À mon avis, certaines choses ne devraient jamais être négociables, par exemple :

  • l'inclusion des collectivités autochtones en vue de leur contribution;
  • et la protection de notre environnement naturel.

Je sais que le gouvernement de l'Alberta a récemment mis en place une politique concernant la consultation des Premières Nations sur la gestion des terres et des ressources naturelles. Vous avez fait un long bout de chemin sur ce plan. Vous comprenez le besoin de faire participer les collectivités autochtones, de les écouter et de veiller à ce que ces projets leur soient bénéfiques.

Comme vous le savez, l'Ontario a le plus grand gisement de chromite de l'hémisphère occidental - le Cercle de feu - et tout au long du processus d'extraction de cette ressource, nous veillons à inclure les Premières Nations et à protéger l'environnement. Ceci est fondamental pour un développement intelligent, durable et axé sur la collaboration en ce qui concerne les ressources naturelles de l'Ontario, et je pense que nous avons là de quoi convaincre le gouvernement fédéral que la participation des collectivités autochtones est cruciale.

Assurément, la prospérité future de l'Ontario et de l'Alberta ne dépend pas uniquement de notre bonne gestion des ressources naturelles. Nous devons aussi nous occuper de nos forces vives. Le revenu de retraite de notre pays est en péril. Au cours des trente dernières années, le devoir de planification et d'épargne pour la retraite a été relégué aux personnes. Les dispositifs d'épargne que nous avons en place ne suffisent plus à la tâche.

La plupart des Canadiens et des Canadiennes ne rêvent que de maximiser leurs cotisations à des RÉER, s'ils peuvent se permettre d'en avoir. Ainsi, plus de la moitié des jeunes Canadiens et Canadiennes - ceux de moins de 42 ans - toucheront moins de 80 pour cent de leur revenu actuel lorsqu'ils prendront la retraite. Le faible rendement du capital investi n'aide pas non plus.

Je compte bien me pencher sur ce problème. Il y a une solution évidente à portée de main. Dans les années 1990, les gouvernements canadiens ont pris une mesure difficile : la réforme du Régime de pensions du Canada. Les premiers ministres ont uni leurs efforts pour permettre cette réforme. Nous pouvons aborder ce problème ensemble maintenant, avec l'aide du gouvernement fédéral.

C'est pourquoi nous invitons le gouvernement fédéral à écouter les Canadiens et les gouvernements provinciaux et à améliorer le RPC. Je préférerais accroître les revenus de retraite en rehaussant le RPC mais, d'une façon ou d'une autre, je veillerai à ce que la population de l'Ontario ait la sécurité et le soutien nécessaires au moment de la retraite.

Il y a deux autres thèmes qui sont importants pour le développement de la nation et que je souhaite aborder aujourd'hui. L'une des remarques que j'entends souvent à propos du gouvernement est le besoin de se comporter davantage comme une entreprise. C'est une observation légitime, à mon avis. Les entreprises les plus florissantes n'acceptent pas le statu quo. Elles s'obligent sans cesse à s'améliorer et à évoluer, pour trouver de nouvelles façons de faire et accélérer leur propre réussite. Je crois que les gouvernements doivent faire la même chose.

Comme bon nombre d'entre vous le savent, l'Ontario, la Colombie‑Britannique et le gouvernement fédéral ont annoncé récemment notre intention de mettre sur pied un organisme coopératif en matière de réglementation des marchés de capitaux. J'ai la ferme conviction que ceci rendra nos marchés de capitaux plus efficients et plus efficaces. Il n'y a pas un autre pays au monde où l'on est obligé de s'adresser à 13 organismes de réglementation différents et de payer 13 sommes distinctes pour accroître les capitaux à l'échelle nationale.

Nous proposons un système coopératif simplifié qui fournirait une protection accrue pour les investisseurs et aiderait nos entreprises à se développer et à être concurrentielles, ceci tout en respectant l'expertise de chaque province. En même temps, nous avons veillé à ce que le rôle du gouvernement fédéral soit limité.

Je sais que vous avez des inquiétudes, que vous vous demandez, par exemple, quelles seront les répercussions sur les petits acteurs de l'industrie pétrolière et gazière, et je respecte la position de l'Alberta. Mais j'aimerais voir si nous pouvons dissiper ces inquiétudes tout en progressant - en reconnaissant l'intérêt de nos provinces. Il ne s'agit pas d'un geste symbolique; je crois sincèrement que ce processus conduira à une économie nationale plus robuste.

Enfin, j'aimerais aborder un dernier sujet, celui de l'infrastructure. Les entreprises intelligentes connaissent les assises de leur réussite. C'est précisément pour cela que je milite ardemment en faveur de l'investissement dans une infrastructure stratégique dans l'ensemble du Canada. Les provinces et les territoires ont des besoins différents, mais nous sommes tous aux prises avec la réalité d'une infrastructure dépassée ou inadéquate.

L'Ontario pâtit depuis des décennies d'un investissement insuffisant dans les transports en commun qui desservent des villes en pleine croissance et, dans les petites collectivités rurales et du Nord, de l'absence d'un financement stable pour des projets d'infrastructure comme les routes, les ponts et les viaducs. En Alberta, je sais que vous avez constaté la nécessité d'adapter rapidement votre infrastructure à votre croissance démographique, particulièrement à Fort McMurray et dans les environs. Mais comme nous, vous avez également vu les effets ahurissants que notre environnement naturel peut avoir sur notre infrastructure et sur la population. L'inondation qui a touché Calgary cet été a montré votre immense courage, votre compassion et votre persévérance... et je sais que vous continuez à voir ses ramifications sur vos vies, sur votre santé mentale et sur votre économie. Mais elle a également révélé le besoin immense d'un investissement stratégique dans l'infrastructure par chaque palier de gouvernement. Vous ne devriez pas avoir à surmonter cette épreuve tous seuls. Nous devons tous prendre la parole et travailler ensemble pour pouvoir nous préparer à d'autres événements comme celui-ci et offrir à nos populations les bases solides de l'infrastructure qu'elles méritent. Voilà pourquoi nous avons absolument besoin que le gouvernement fédéral travaille avec nous à l'élaboration d'une stratégie nationale en matière d'infrastructure.

Ce matin, j'ai eu une réunion très productive avec la première ministre Redford. C'est la première dirigeante que j'ai rencontrée après mon assermentation en début d'année. Nous avons établi une formidable connexion. Cet été, nous avons travaillé en étroite collaboration au sein du Conseil de la fédération. Ensemble, nous assurons la coprésidence du groupe de travail sur les arrangements fiscaux et nous argumenterons en faveur d'un investissement prévisible, durable et efficace dans l'infrastructure nécessaire pour créer des emplois et un meilleur environnement pour nous tous.

Je pense que, toutes les deux, nous nous entendons à dire que nous devons examiner d'un nouvel œil la façon dont nos deux provinces collaborent pour assurer une nation saine, productive et instruite et une économie vigoureuse. Notre entretien aujourd'hui est le prolongement de ce que je crois être un partenariat très puissant entre deux chefs et entre deux provinces. J'anticipe avec plaisir tout ce que nous pourrons accomplir ensemble.

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