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Allocution de la première ministre lors de la Conférence conjointe 2015 de l'OGRA/ROMA

Discours archivé

Allocution de la première ministre lors de la Conférence conjointe 2015 de l'OGRA/ROMA

Cabinet du premier ministre

La Conférence conjointe de l'Ontario Good Roads Association et de la Rural Ontario Municipal Association est un rendez-vous incontournable pour nous, de même que pour de nombreux maires et conseillers dont la présence ici en dit long sur leur engagement envers leurs électeurs et souligne les importants travaux qui sont accomplis au sein de cette tribune de l'OGRA/ROMA.

La conférence conjointe et ses prédécesseurs ont su nous réunir avec fierté et nous rapprocher pour relever les défis. Elle a pour assises le renforcement de la province et l'élimination du mythe qui prétend que nous sommes divisés entre zones rurales et urbaines. En tant que première ministre, je fais tout en mon pouvoir pour contrer ce mythe, et je sais que je peux compter sur votre soutien en la matière.

L'OGRA a vu le jour en 1894. Elle avait pour objectif d'aider la province à réaliser le potentiel qu'un bon réseau routier apporterait à la fois aux Ontariens vivant dans les villes et ceux vivant à la campagne. Maintenant, 121 ans après, nous avons de nombreux progrès à célébrer tout en sachant que le chemin sera encore long. Dans ce cas-ci, le dicton qui prétend que « plus ça change, plus c'est pareil » s'applique.    

En voici un bon exemple.

Lors de la 23e conférence annuelle de l'OGRA, en février 1925, le sous-ministre des Routes de l'Ontario, S.L. Squire, qui remplaçait son patron absent, déclarait que le financement des routes était un des grands problèmes qui préoccupait toutes les municipalités et tous les responsables municipaux. M. Squire admettait que la province avait « renvoyé la balle » aux municipalités et que les impôts n'allaient pas augmenter de sitôt. Par ailleurs il énonçait les nombreuses raisons pour lesquelles le gouvernement fédéral devait aider les provinces et les municipalités à améliorer le réseau routier.

Il déclarait que la situation avait changé depuis 1867. À son avis, il était donc temps que les gouvernements changent également.

Par conséquent, lorsque que j'ai pris connaissance du thème de la conférence de cette année, CTRL+ALT+DEL: Rebooting Ontario's Municipal Sector, cela m'a fait réfléchir à ce que nous ne sommes pas parvenus à accomplir par le passé et aux progrès que nous avons pu réaliser. L'occasion unique qui se présente à nous m'a insufflé un réel élan.

Les 444 municipalités de l'Ontario viennent juste de passer au travers du processus électoral. Nous avons également un tout nouveau mandat à l'échelon provincial. L'occasion s'offre donc à nous d'introduire les changements positifs que nous croyons tous possibles et pour lesquels nous avons fait campagne. Nous savons néanmoins que nous ne pouvons pas effectuer ces changements seuls, que le temps est maintenant venu de collaborer.

Le programme de votre conférence y fait allusion, de même qu'aux frustrations de M. Squire, lorsqu'il remarque que le succès municipal dépendra de votre capacité à « répondre aux demandes du 21e siècle tout en devant composer avec un cadre législatif datant du 19e siècle ». C'est vrai en partie. Cependant, j'aimerais récuser cette hypothèse car elle suggère que vous ne vous attendez pas à ce que la situation change entre nous, que vous êtes tout simplement coincés par ce modèle du 19e siècle, et ça, c'est tout simplement faux.

Le fait que les gouvernements doivent évoluer constamment est une réalité. La technologie progresse à un rythme jamais égalé. L'infrastructure vieillissante a besoin d'être modernisée et la croissance démographique parallèle nous oblige à investir dans de nouvelles infrastructures. Les attentes du public ont augmenté et c'est normal, parce que les citoyens sont profondément attachés aux services publics. Nous sommes confrontés à des réalités économiques mondiales qui sous-tendent cette problématique.

Il s'agit certes de défis, mais également d'occasions de réfléchir et de réinitialiser. En nous appuyant sur nos réalisations passées et compte tenu des engagements que notre gouvernement a pris, je suis convaincue que nous saurons saisir ce moment ensemble. Je suis convaincue que nous saurons réinitialiser.

Je vais maintenant essayer de vous convaincre.

Je viens tout juste de célébrer mon deuxième anniversaire comme première ministre. Certains d'entre vous se souviennent peut-être que cet événement était en fait un des premiers auxquels j'assistais depuis mon assermentation il y a de cela deux ans.

Dans le cadre de mon mandat de première ministre, j'ai mis l'accent sur le renforcement des relations et l'établissement d'une collaboration à tous les niveaux, soit aux niveaux municipal, interprovincial, fédéral et international. Il ne s'agit pas d'un insert sonore et je ne m'attends pas naïvement à ce que nous soyons toujours d'accord. C'est tout simplement, selon moi, une stratégie de succès qui a fait ses preuves.

Au cours des dix dernières années, j'ai fait partie d'un gouvernement qui avait l'intention de rétablir nos relations, qui voulait aider les municipalités à devenir de vrais partenaires et qui souhaitait collaborer étroitement avec les dirigeants municipaux. Ce gouvernement voulait que nous ayons, au niveau provincial, une expérience du secteur municipal et que nous comprenions vos enjeux sous tous leurs angles.

Je pense que le meilleur exemple de ceci sont les transferts graduels des services à la province, qui permettent d'atténuer certaines des pressions que vous subissez. Simplement en 2015, ces transferts vers l'amont permettront aux municipalités d'économiser plus de 320 millions de dollars, et ces économies augmenteront jusqu'à la pleine mise en œuvre d'ici à 2018.

En tant que députée depuis 2003, j'ai pu constater à quel point il est important que le gouvernement provincial tienne compte des réalités rurales dans sa prise de décision, et j'ai également compris les problèmes qui surgissent lorsque cette perspective est ignorée comme elle l'a parfois été.

Par exemple, nous savons que l'infrastructure moderne est la clé de la compétitivité au sein de l'économie mondiale et de la croissance ici, chez nous. Il en va de même au sein des régions urbaines comme rurales, mais cela peut revêtir une autre signification.

À l'heure actuelle, l'accès limité au gaz naturel est un frein à la croissance dans un trop grand nombre de municipalités rurales. Par conséquent, lors des élections de l'année dernière, nous avons pris l'engagement d'accorder des prêts de 200 millions de dollars et des subventions de 30 millions de dollars pour approvisionner un plus grand nombre de foyers et d'entreprises. La semaine dernière, la Commission de l'énergie de l'Ontario a pris des mesures et a demandé aux parties intéressées par la distribution de gaz naturel dans les régions mal desservis de présenter une demande.

Voici un autre exemple de travaux d'infrastructure où notre partenariat a été payant : le nouveau Fonds ontarien pour l'infrastructure communautaire. Ensemble, nous avons pu lancer cette source constante de financement prévisible et à long terme pour satisfaire les besoins d'infrastructure spécifiques des petites municipalités de même que des municipalités rurales et du Nord, aux quatre coins de la province. Nous avons harmonisé ce fonds avec le Fonds des petites collectivités parce que nous savons que vos ressources sont restreintes et qu'alourdir la bureaucratie provinciale ne ferait que ralentir les progrès accomplis dans l'intérêt de la population de vos localités.

Notre partenariat sera essentiel lorsque nous envisagerons l'initiative Faire progresser l'Ontario sous un angle rural. Cette stratégie décennale de transport et de transport en commun accordera un financement de près de 29 milliards de dollars. Environ 14 milliards de dollars de ce financement seront destinés à des projets au sein de vos collectivités. Ce financement servira à bâtir et à soutenir de meilleurs réseaux de transport en commun dans des villes congestionnées et de meilleures routes pour relier les petites villes et les collectivités rurales et isolées de toute la province.

Notre réseau routier transporte notre économie, il transporte nos proches et il représente une composante importante de notre vision pour un réseau de transport provincial. Par conséquent, lorsque vous me dites que le simple fait que les projets de voies de jonction soient admissibles en vertu du Fonds ontarien pour l'infrastructure communautaire ne suffit pas à soutenir ces éléments vitaux de notre infrastructure, vous avez toute mon attention.

J'ai demandé aux ministres Del Duca, Leal, Duguid et McMeekin d'utiliser notre programme Faire progresser l'Ontario pour se pencher sur la question des voies de jonction, car nos villes, petites et grandes, et toutes nos municipalités ont besoin de faire partie d'un réseau de transport. Ils sont en train d'étudier la question et dès que nous pourrons aller de l'avant, nous le ferons ensemble.

J'ai, simultanément, demandé au gouvernement fédéral de collaborer avec nous en tant que partenaire à part entière et pleinement engagé à construire l'infrastructure locale nécessaire pour assurer la croissance et la prospérité du Canada au cours des 50 prochaines années, comme il l'a fait au cours des 150 dernières années. Il n'est pas suffisant que le gouvernement provincial et les administrations locales travaillent main dans la main. Nous avons besoin d'un partenaire fédéral plus fort. Le sous-ministre Squire avait raison : l'intérêt économique national est bien trop important pour que le gouvernement fédéral l'ignore, et toutes les personnes ici présentes ont un rôle à jouer pour en expliquer le bien-fondé.

Au cours des deux dernières années, j'ai également accordé une grande priorité à l'établissement de relations interprovinciales solides. En collaboration avec le premier ministre Couillard, j'ai renforcé le partenariat entre l'Ontario et le Québec pour accroître le commerce entre nos deux provinces.

Nous améliorons les débouchés dans des marchés comme la Chine et l'Amérique du Sud, afin de rendre l'Ontario plus concurrentiel sur la scène internationale. Lorsque j'étais en Chine à l'automne dernier pour conduire une mission commerciale, le secteur agro-alimentaire a été évoqué dans pratiquement chaque réunion. Le succès de ce secteur en Ontario et celui de la province sont intimement liés. La perspective rurale adoptée par le gouvernement est vitale dans ce domaine. L'hypothèse du conflit qui existerait entre les intérêts ruraux et urbains s'avère encore là totalement fausse. Enfin, notre capacité d'être un chef de file dans ce secteur est immense. C'est la raison pour laquelle le ministre Leal fera bientôt partie d'une mission commerciale en Chine qui sera consacrée à la promotion du secteur agro-alimentaire.

Mais un secteur dynamique a besoin d'un prisme aussi large que le gouvernement lui-même. Par conséquent, nous avons été actifs sur d'autres plans. Nous avons adopté, en 2013, la Loi sur les aliments locaux pour mettre davantage de denrées alimentaires ontariennes sur les tables des ménages de la province, tout en cherchant de nouveaux marchés à l'étranger et à augmenter nos exportations. Depuis que j'occupe mes fonctions, nous avons triplé le soutien accordé au Programme de développement économique des collectivités rurales. Dans le budget 2014, nous avons confirmé que nous accorderions 14,5 millions de dollars par année pour continuer à attirer des investissements et garder de bons emplois dans vos collectivités. C'est ce sur quoi notre stratégie Une bonne affaire et nos efforts de réduction de la bureaucratie ont reposé. Dernièrement, nous avons été en mesure d'améliorer la gestion des nutriments de l'eau d'alimentation des serres et nous avons aidé les propriétaires de serres en Ontario à devenir encore plus compétitifs en rendant le processus d'approbation moins coûteux et plus prévisible.

La réglementation est un mot qui a mauvaise réputation, et à juste titre. Les règlements peuvent perdurer au-delà de leur objectif initial et devenir des fardeaux. Nous devons nous efforcer de réduire constamment la réglementation parce que, comme je l'ai dit auparavant, l'Ontario est en évolution constante. Mais cela veut aussi dire que de nouveaux règlements doivent être introduits pour s'adapter aux nouvelles circonstances. Nous devons faire attention de ne pas mettre tous les règlements dans le même panier. La réglementation sert des objectifs importants et offre des avantages manifestes, mais seulement si nous élaborons et supprimons les règlements ensemble. Et c'est exactement ce que nous continuerons à faire.

L'approche que nous avons adoptée, votre partenariat, le talent et les compétences de nos cultivateurs et transformateurs, et le leadership des ministres Leal et McMeekin contribuent tous à la réalisation de l'objectif que j'ai fixé pour le secteur agro-alimentaire de l'Ontario, soit  qu'il double son taux de croissance et permette de créer 120 000 nouveaux emplois d'ici à 2020. En fait, les exportations agro-alimentaires ont augmenté d'environ dix pour cent par année au cours des deux dernières années, et le secteur a créé plus de 17 000 emplois simplement l'année dernière. Nous avons de quoi être optimistes, mais nous savons néanmoins que des problèmes subsistent.

Nous avons fixé comme objectif provincial d'éliminer le déficit d'ici à 2017-2018. Cependant, pour ce faire, nous ne réduirons pas de façon systématique les services ou le soutien accordé aux municipalités. Nous remanions en profondeur le mode de fonctionnement du gouvernement et nous étudions comment continuer à offrir des programmes et des services optimaux à nos collectivités. Il s'agit de gouverner de façon différente, de réinitialiser le secteur public dans son ensemble.

Par exemple, notre Initiative de prévention de l'itinérance dans les collectivités, qui fait partie de la Stratégie de réduction de la pauvreté de notre gouvernement, représente une réinitialisation de nos initiatives existantes. Cette initiative a permis d'aider environ 33 100 ménages sans abri à trouver un logement. Elle a également permis à 83 800 autres ménages qui risquaient de devenir sans abri de rester dans leurs logements.

Bien que cette initiative soit financée par le gouvernement provincial, elle est soutenue par les 47 gestionnaires des services de l'Ontario. Ces personnes travaillent pour les municipalités, ce qui veut dire que ce sont elles qui connaissent le mieux les besoins de leurs collectivités, et elles peuvent contribuer à s'assurer que nous optimisons chaque dollar et que nous aidons un maximum de personnes. C'est une autre preuve que nous pouvons tant accomplir lorsque nous collaborons, et c'est ce que nous faisons. 

Les consultations permanentes sur l'impôt foncier provincial sont un autre exemple de notre collaboration pour moderniser votre cadre législatif. Nous avons entrepris des consultations de grande envergure dans le Nord et nous avons collaboré étroitement avec les municipalités du Nord à ce sujet. Nous avons écouté les graves préoccupations soulevées par les municipalités du Nord à propos des inégalités en matière d'impôt foncier entre les contribuables des municipalités et ceux des régions non constituées en municipalités, là où les taux d'imposition foncière n'ont pas changé depuis plus de 60 ans.

Je m'engage aujourd'hui à réformer l'impôt foncier provincial. En fait, nous présenterons des propositions qui pourront être mises en œuvre dès cette année.

Et pour tous ceux d'entre vous qui aimeraient discuter avec la province de l'opportunité d'offrir aux municipalités de nouveaux outils de génération de recettes, de l'opportunité de créer certains outils adaptés au 21e siècle, ce sont des discussions que je suis prête à avoir. Nous devons être disposés à envisager toutes les options qui renforceront nos collectivités. Les outils de génération de recettes qui accordent aux municipalités l'espace fiscal voulu pour croître tout en tenant compte de la nécessité de maintenir la compétitivité ont réussi ailleurs. Nous ne pouvons pas les rejeter. Jeff, Ted et moi attendons vos suggestions à ce sujet.

Nos relations avec les municipalités changent constamment, et c'est une bonne chose. Que ce soit en matière d'infrastructure, de climat des affaires, d'outils de génération de recettes, de services et de tout ce qui fait des municipalités des partenaires essentiels du renforcement de la province, nous sommes fiers des changements que nous avons effectués ensemble.

Alors que nous nous tournons vers l'avenir, alors que nous collaborons pour continuer à rendre l'Ontario plus compétitif, plus équitable et plus prospère pour l'ensemble de la population, nous progressons avec confiance, en sachant que nous continuerons à évoluer et à réinitialiser lorsque cela s'impose. Nous sommes convaincus que cette approche nous permettra de faire ce que les dirigeants de la province ont toujours fait, à savoir : continuer à créer de nouveaux débouchés et à instaurer un climat sécuritaire pour la population d'aujourd'hui et de demain.

Je vous remercie.  

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