Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Déclaration de la première ministre de l'Ontario à l'Assemblée législative sur le Règlement 17

Discours archivé

Déclaration de la première ministre de l'Ontario à l'Assemblée législative sur le Règlement 17

Cabinet du premier ministre

NOTES POUR UNE DÉCLARATION À L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DE L'ONTARIO

DE L'HONORABLE KATHLEEN WYNNE

PREMIÈRE MINISTRE DE L'ONTARIO

SUR LE RÈGLEMENT 17

SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS

Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour réaliser deux objectifs importants.

Premièrement, je veux respecter la promesse que j'ai faite en décembre de dire toute la vérité à propos d'un règlement gouvernemental qui a interdit l'éducation publique en français pour une génération d'élèves il y a un siècle.

Deuxièmement, je tiens à souligner le progrès que notre province a accompli depuis ce temps.

De nos jours, nous célébrons la culture francophone.

Les communautés francophones ont contribué à faire de l'Ontario une province dynamique et prospère.

Et en 2015, nous avons eu la chance de célébrer les quatre cent  ans de la présence française en Ontario.

Pour célébrer les quatre cent ans de la présence française en Ontario, notre gouvernement a mené diverses initiatives visant à faire connaître l'histoire des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, les progrès qu'ils ont accomplis et les obstacles qu'ils ont dû surmonter.

Aujourd'hui, je veux reconnaître que le Règlement 17 a été l'un de ces obstacles.

Le Règlement 17 a été adopté en 1912. Il interdisait aux écoles d'utiliser le français comme langue d'enseignement ou de communication au-delà de la 2e année et ne permettait qu'une heure d'enseignement du français par jour en tant que matière dans les écoles primaires.

Les parents et les enseignants des écoles francophones se sont opposés farouchement au Règlement 17.

De nombreux enseignants ont résisté et continué d'enseigner en français.

La communauté a été encore plus choquée lorsque le gouvernement a imposé de fortes pénalités pour des infractions aux dispositions du Règlement 17.

Les écoles qui maintenaient l'enseignement en français perdaient leur financement.

Des enseignants perdaient leur brevet.

Il en résultait que les enfants franco-ontariens perdaient leur langue.

La communauté francophone a eu peur que ses enfants ne perdent l'usage de la langue française. 

Les Francophones ont alors renforcé leur détermination et se sont mobilisés politiquement, dans la presse et devant les tribunaux.

Le quotidien de langue française Le Droit a été fondé en 1913 avec la mission précise de s'opposer au Règlement 17.

Cent deux ans plus tard, Le Droit demeure un pilier de la communauté francophone.

Au fur et à mesure que les écoles françaises autofinancées se retrouvaient à court d'argent, elles n'avaient d'autre choix que de suivre le curriculum public ou de fermer leurs portes.

Le gouvernement a appliqué le Règlement 17 pendant plus d'une décennie avant de finalement concéder l'échec de la politique, mais celle-ci est restée officielle beaucoup plus longtemps.

Aujourd'hui, au nom du gouvernement de l'Ontario, je présente des excuses à tous les Franco-Ontariens dont la famille et les communautés ont souffert à cause du Règlement 17.

Le Règlement 17 manquait de respect à l'égard de l'identité et de l'égalité des Franco-Ontariens et, au nom du gouvernement de l'Ontario, je présente des excuses.

Monsieur le Président, je tiens à remercier le député provincial Glenn Thibeault d'avoir présenté cette motion en décembre dernier.

Je veux aussi remercier la ministre Madeleine Meilleur pour ses efforts inlassables afin de promouvoir, de protéger et de préserver le fait français en Ontario.

 

Je suis heureuse que nous ayons parmi nous aujourd'hui des personnes dont la famille ou la communauté ont été touchées par le Règlement 17 de même d'autres personnes qui ont rappelé à cette assemblée ce chapitre de notre histoire.

Ainsi, je tiens à souligner le travail des représentants de l'Association canadienne-française de l'Ontario du Grand Sudbury et de son président Denis Constantineau.

Au nom du gouvernement de l'Ontario, je tiens à vous remercier.

Nous prenons acte du courage et de la ténacité exemplaires des Franco-Ontariens.

Vos efforts ont aidé l'Ontario à réaliser des progrès remarquables au cours des cent dernières années, de l'adoption honteuse du Règlement 17 en 1912 jusqu'à l'adoption dans l'enthousiasme de la Loi de 1986 sur les services en français.

Nous pouvons tous être fiers du cheminement de notre province.

En seulement quelques générations, l'Ontario a cessé d'être réfractaire à la diversité pour devenir une société qui célèbre entièrement sa diversité culturelle et linguistique...

Une société qui ne craint plus les différences, mais qui en est fière et s'en inspire.

Ainsi, les réalisations des Franco-Ontariens nous donnent de grands espoirs que notre société continuera à reconnaître la vérité sur notre passé et nos victoires durement gagnées, car c'est ainsi que nous pouvons continuer à renforcer l'égalité, à multiplier les possibilités, et à donner à toutes les communautés le respect, la reconnaissance et les ressources que nous méritons tous et toutes.

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