Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Observations du ministre Peter Bethlenfalvy devant l'Empire Club

Discours

Observations du ministre Peter Bethlenfalvy devant l'Empire Club

Le défi de notre génération : Bâtir un gouvernement ontarien moderne et durable

Secrétariat du Conseil du Trésor

L'ALLOCUTION DÉFINITIVE FAIT FOI

En premier lieu, je tiens à remercier Kent pour cette aimable présentation, ainsi qu'à l'Empire Club de m'avoir invité. C'est formidable d'être ici. 

Avant de commencer, j'aimerais prendre le temps de souligner la présence de certains de mes collègues qui se sont joints à nous aujourd'hui.

J'aimerais aussi saluer Karen Hughes, qui a accepté d'assumer les fonctions de sous-ministre intérimaire au Secrétariat du Conseil du Trésor. Au cours du dernier mois, son équipe et elle ont accompli un travail remarquable à la tête de notre ministère et en fait de l'ensemble du gouvernement, tout au long du processus de planification pluriannuel - un projet qui guidera le succès ou l'échec de notre capacité à moderniser et transformer le gouvernement. Pour ceux d'entre vous qui ne le sauraient pas, Karen a occupé le poste d'entraîneure de l'équipe canadienne de hockey féminin, qui a remporté une médaille d'or lors des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002. Voilà le calibre de cette personne qui dirige notre équipe au Conseil du Trésor, et nous sommes vraiment privilégiés de pouvoir compter sur elle.

L'Empire Club a l'habitude d'être le théâtre de discours importants en Ontario. Comme Winston Churchill, Ronald Reagan et Margaret Thatcher se sont tous adressés au public depuis le podium de l'Empire Club, vous pourriez vous attendre à ce que si un politicien conservateur comme moi devait commencer son discours par une citation, ce serait d'une personne comme celles-là.

Mais la vérité, c'est qu'au vu de la situation financière dont nous héritons et de la tâche qui nous attend, je suis réconforté par une phrase d'une autre conférencière à l'Empire Club, la célèbre actrice Audrey Hepburn, qui a dit : « Rien n'est impossible, le mot lui-même dit 'Je suis possible'! » (I'm possible.)

C'est la confiance dont notre province doit faire preuve alors que nous nous apprêtons à nous attaquer à des changements profonds.

Depuis son élection, notre gouvernement pour le peuple, dirigé par le premier ministre Doug Ford, s'est concentré sur cinq priorités claires à la base de tous nos engagements.

Nous avons promis de mettre plus d'argent dans les poches des gens, et nous l'avons fait en annulant la taxe sur le carbone et en réduisant le prix de l'essence et les factures de chauffage des maisons.  Notre gouvernement a également pris des mesures immédiates pour geler les droits de permis de conduire et annuler le programme Air pur.  Grâce aux efforts de mon ami et collègue, le ministre Rod Phillips, notre gouvernement joue un rôle de premier plan sur la scène nationale dans la lutte contre la taxe fédérale sur le carbone.

Deuxièmement, nous avons promis de nettoyer le gâchis dans le secteur de l'électricité, et dechanger la direction chez Hydro One, ce qui, je peux vous le dire, a été un irritant majeur pour mes électeurs - un sujet qui a été soulevé à maintes reprises en faisant notre porte-à-porte pendant la période électorale. 

Troisièmement, nous avons promis de créer et de protéger de meilleurs emplois, et permettez-moi de vous dire que notre projet visant à abroger les dispositions du projet de loi 148 qui nuisent à l'emploi et à abolir l'Ordre des métiers de l'Ontario est en bonne voie.

Quatrièmement, nous avons promis de mettre fin à la médecine de couloir : À ce sujet, j'aimerais vous signaler que la ministre Christine Elliott a déjà annoncé que notre gouvernement aménage 6 000 nouveaux lits de soins de longue durée, en plus d'un financement « d'urgence » historique qui permettra d'aménager 1 000 lits supplémentaires pour aider à réduire la pression causée par la grippe saisonnière.

Mais la priorité dont je veux vous parler aujourd'hui est le rétablissement de la reddition de compte, de la confiance et de la transparence au gouvernement.

N'y allons pas par quatre chemins : nous avons hérité d'une crise financière qui ne cesse de s'aggraver du gouvernement libéral précédent - une crise qui, si rien n'est fait, met en péril les services essentiels du gouvernement.

Nous sommes déterminés à relever ce défi.  Le ministre Fedeli fera connaître une partie de la solution la semaine prochaine lorsqu'il présentera le premier Énoncé économique d'automne de notre gouvernement.

Pour ma part, je veux vous entretenir des mesures que notre gouvernement prendra pour rétablir la confiance et la reddition de compte, en exploitant le pouvoir de transformation et de modernisation.

Commençons par examiner l'ampleur du défi financier dont nous avons hérité du gouvernement libéral précédent.

Juste obtenir des renseignements exacts sur la situation financière de la province s'est avéré un immense défi. Comme nous le savons maintenant, les libéraux ont activement sous-estimé ce qui était, en fait, un déficit structurel croissant.

Qu'il s'agisse d'essayer de miner l'autorité de la vérificatrice générale afin d'appliquer les actifs des régimes de retraite conjoints aux revenus de la province ou de déployer des efforts phénoménaux afin de camoufler des subventions d'Hydro One non comptabilisées dans le cadre de son Plan pour des frais d'électricité équitables.  Le gouvernement précédent a ruiné la crédibilité de la responsabilité financière de la province.

Et, sur ces points, nous sommes assurément redevables envers la vérificatrice générale, qui a fait preuve de diligence et de perfectionnement dans la reconnaissance des pratiques comptables qui ne respectaient pas les normes appropriées ou les obligations fiduciaires.

L'une des premières décisions que nous avons prises comme gouvernement a été d'annoncer la création d'une Commission d'enquête indépendante sur les finances chargée d'étudier les pratiques budgétaires du gouvernement précédent, parallèlement à un examen externe ligne par ligne de l'ensemble des dépenses gouvernementales.

Et les chiffres donnent à réfléchir.  L'enquête a ainsi révélé que, sous le gouvernement précédent, la dette de l'Ontario a atteint un montant faramineux de 338 milliards de dollars et un déficit de 15 milliards de dollars pour l'année en cours.

  • En seulement 15 ans, le ratio de la dette au PIB est passé de 27 % à 40,5 % en 2018-2019, ce qui est préoccupant à tous points de vue, et il dépasse même la ligne rouge établie par ma prédécesseure dans ce rôle, Deb Matthews.
  • Notre province est aujourd'hui l'administration infranationale la plus endettée au monde. De plus, l'augmentation du ratio de la dette au PIB s'est traduite par l'annonce, par de multiples agences de notation, d'abaissements de cotes de crédit, qui ont en fin de compte fait grimper nos coûts d'emprunt de plusieurs millions de dollars.
  • À l'heure actuelle, l'Ontario dépense plus pour le paiement des intérêts que pour l'ensemble de la fonction publique ou de l'enseignement postsecondaire.
  • Cela signifie que nous dépensons environ 1,4 million de dollars en intérêts chaque heure. Cela équivaut à 2 millions de dollars d'intérêts rien que pendant ce repas du midi. Alors, profitez bien de votre repas si vous arrivez à digérer ces mauvaises nouvelles.
  • Nous pourrions également subir une récession au cours des prochaines années, ce qui pourrait exercer des pressions supplémentaires sur notre ratio de la dette au PIB.
  • Selon le directeur parlementaire du budget du Canada, les politiques budgétaires actuelles de l'Ontario ne sont pas viables à long terme.
  • Cela devrait être un signal d'alarme pour l'ensemble des Ontariens et des Ontariennes.

Avant d'entrer dans la vie publique, j'ai passé ma carrière à évaluer les risques financiers. Certains me demandent si les postes budgétaires que je vois dans le bilan de l'Ontario m'empêchent de dormir la nuit. Je leur réponds non, je dors comme un bébé, je me réveille aux heures en me mettant à pleurer.

Mon expérience chez DBRS, Dominion Bond Rating Service, une agence de notation de crédit, m'a permis d'acquérir un aperçu unique sur les cotes de crédit souverain. Alors que j'agissais en tant que coprésident, mon équipe a dirigé des examens pour des administrations souveraines et infranationales dans le monde entier, et ce que j'en ai tiré comme leçon, c'est que le crédit n'est pas infini.

Plusieurs cotes de crédit souverain se sont effondrées pendant la crise financière et au-delà. En fait, mon équipe a abaissé la cote de crédit de cette province-ci en 2009.  

Les gouvernements ne peuvent pas présumer que les marchés ont un appétit illimité pour la dette publique, comme certains pays européens le découvrent maintenant à leurs dépens. 

C'est pourquoi j'appelle nos finances publiques le défi de notre génération.

En fait, il est juste de dire que l'une des raisons pour lesquelles j'ai décidé d'ajouter mon nom sur le bulletin de vote, c'est d'abord et avant tout pour que soit intégrée la langue des affaires dans les activités du gouvernement.  C'est la raison pour laquelle je me sens particulièrement chanceux d'avoir été invité par le premier ministre Ford à assumer la fonction de président du Conseil du Trésor; c'est un endroit où cette discipline peut être utilisée à bon escient.

Par exemple, le Conseil du Trésor a généré de la rigueur pour l'ensemble des activités du gouvernement en établissant un cadre de référence - une première.

Ce cadre représente un outil essentiel en fait. Nous pouvons maintenant demander à chaque ministère de rendre compte de ses dépenses et de mesurer son rendement par rapport aux dollars dépensés. Nous devons remplacer l'approche du précédent gouvernement libéral qui consistait à mesurer le succès en fonction de l'argent dépensé, et établir un système permettant de mesurer le succès en fonction des résultats obtenus.

Mais l'efficacité n'est pas un objectif en soi. L'efficacité est plutôt un moyen d'atteindre notre objectif. Cet objectif, c'est l'établissement d'un équilibre structurel et d'un gouvernement plus durable.

C'est pour cette raison que nous avons été élus... Non seulement pour présenter un bilan équilibré, mais pour nous assurer que les services essentiels sur lesquels comptent les citoyens de la province répondent à leurs besoins.

Si nous ne prenons pas des mesures pour réduire la dette et le déficit, notre génération et la génération suivante risquent fort de compromettre l'avenir des services essentiels de base.

Alors, la première chose à faire pour résoudre un problème consiste à reconnaître qu'il y a réellement un problème. Je suis préoccupé par certains commentaires publics qui remettent en question la véracité de l'évaluation du montant du déficit qu'a faite la Commission indépendante.

Je tiens à être clair, l'énoncé économique de l'automne ne présentera aucun des aspects que nous avons appris de la Commission. En fait, un déficit de 15 milliards de dollars constitue la base de référence avec laquelle nous devons fonctionner.

Il suffit de dire qu'en nous présentant le déficit réel qui s'établit à 15 milliards de dollars, le vérificateur général nous donne une opinion sans réserve pour la première fois en trois ans.

La menace pour notre santé financière due à la mauvaise gestion des libéraux est bien réelle, et elle est très grave.

Nous menons présentement un exercice de gestion des dépenses très important qui nous mènera, d'abord et avant tout, à définir comment nous allons gouverner différemment.

Il ne s'agit pas d'un défi idéologique; simplement de mathématiques.

Si je vous disais que je contracte une troisième hypothèque sur ma maison, que je ne prends plus de vacances et que je dépense plus d'argent que j'en gagne, vous pourriez me dire que ça va me créer d'importantes difficultés financières - et vous auriez raison!

Nous sommes comme les familles : nous ne pouvons pas dépenser indéfiniment plus d'argent que nous en recevons.

Nous avons devant nous une rare chance de transformer les finances publiques de la province et nous ne devons pas rater cette occasion.

Il s'agit d'un moment des plus importants pour le « redressement de la province ». Et permettez-moi de répéter : un « moment des plus importants pour la province ». Et si nous construisons bien autour de ce moment, nous pourrons permettre à l'Ontario de devenir plus durable dès cette année, et pour les générations futures.

L'examen minutieux mené par EY Canada a porté sur 15 ans de registres financiers.

Le rapport a révélé que si les dépenses avaient augmenté de manière parallèle à la croissance démographique, les dépenses de 2017-2018 auraient été inférieures de 330 milliards de dollars sur 15 ans. C'est presque équivalent à l'ensemble de notre dette provinciale.

L'examen était également accompagné d'une consultation publique nommée Planifions pour la prospérité.

Cette consultation a permis de générer plus de 26 000 idées par la population de l'Ontario qui souhaite que son gouvernement soit simple, accessible et réactif.

Un grand nombre d'idées soumises portait sur l'amélioration de programmes comme ServiceOntario.

Grâce à ces informations, nous avons maintenant l'occasion de transformer l'expérience que vit la clientèle ontarienne en une expérience moderne.

Lorsque les gens m'entendent parler de modernisation, l'image se porte souvent vers des projets de transformation de grande envergure; il ne s'agit pas toujours de grandes entreprises, mais également de petites choses, par exemple :

  • Nous avons coupé les fils de téléphones et supprimé les lignes terrestres dans nos bureaux. Dans mon bureau de ministre uniquement, nous économisons plus de 8 000 $ par année.
  • Et aujourd'hui, je souhaite partager avec vous une nouvelle étape franchie par le Secrétariat du Conseil du Trésor - une démarche auquel je réfléchis depuis mois et que nous chercherons à répandre dans l'ensemble du gouvernement. Depuis que j'occupe mes fonctions, j'ai demandé aux responsables d'adopter, lorsque c'est possible, une approche « sans papier » pour les réunions et les autres rencontres. Nous avons connu une réduction de 86 % du nombre de cartables postés pour les réunions du Conseil du Trésor, sans parler des autres séances d'information.
  • Résultat : Des économies de papier, de coûts d'impression, de personnel et de jours de travail du personnel totalisant 26 000 $ par année.

À cela s'ajoutent 17 arbres sauvés et 54 tonnes métriques d'économies en GES - tout cela pour un seul ministère!

Le rapport d'EY a également défini les plus importants défis structurels auxquels nous commencerons à nous attaquer dans l'énoncé économique de l'automne.

Prenons l'exemple du système d'aide sociale à l'ancienne, qui continue de peser lourdement sur les finances publiques et une approche non durable et inefficace pour la création d'emplois.  Notre gouvernement a fait campagne pour mettre fin au prétendu « Fonds pour l'emploi et la prospérité » du Parti libéral, l'une de ses pires politiques.  En lieu et place, nous disons que nous sommes « Ouverts pour les affaires », et nous sommes « ouverts pour tous ».

Le gouvernement a un rôle à jouer pour encourager la création d'emplois - que ce soit en utilisant le système fiscal pour stimuler les investissements ou en réduisant les formalités administratives et le fardeau réglementaire.  Par contre, l'époque où les gouvernements distribuaient des chèques financés par l'argent des contribuables à des entreprises triées sur le volet, sans que ces sociétés n'aient aucune obligation de rendre compte pour la création d'emplois ou pour les résultats obtenus, est bel et bien révolue.

Voici maintenant comment le gouvernement et le monde des affaires peuvent collaborer plus étroitement : en faisant appel aux compétences et à l'expérience des plus brillants éléments pour rendre le gouvernement plus efficace.

C'est pourquoi, aujourd'hui, je suis également très heureux d'annoncer que notre gouvernement lancera le « Groupe consultatif sur la planification de la prospérité ». Il s'agira d'un groupe d'experts indépendants et respectés qui aura comme tâche de soutenir le programme de transformation du gouvernement en proposant des idées pour la prestation de programmes et de services avec l'objectif d'offrir le meilleur rapport qualité-prix possible pour la population de l'Ontario.

Les conseillers ne seront pas rémunérés et ils fourniront des conseils indépendants au gouvernement sur les possibilités d'innovation et de changement qui permettraient d'atteindre la durabilité et l'équilibre budgétaire.

Nous avons hâte d'entendre les idées de ce groupe sur la façon de mettre en place des changements qui viendront améliorer l'efficacité du gouvernement pour la population ontarienne.

Nous devons mettre en place des structures qui permettent de créer une culture de productivité et d'efficacité. C'est pourquoi, peu importe les difficultés ou les obstacles, nous avons l'intention de transformer le gouvernement en une institution moderne qui est au service des citoyens.

Nous savons tous que les régimes amaigrissants à la mode ne fonctionnent pas vraiment. C'est la même chose lorsque vous faites des coupes dans les programmes; ce n'est pas une bonne solution. Les compressions peuvent générer un gain à court terme, mais à long terme, les dépenses vont revenir.

Notre approche de gestion des dépenses consiste à protéger les services essentiels du gouvernement. Il ne faut pas nuire aux plus vulnérables de la société et réduire nos possibilités d'investissement dans ce qui compte vraiment.

Nous entendons placer la population au cœur de chaque service, de chaque règlement, de chaque programme, de chaque processus et de chaque politique. C'est une promesse que nous faisons!

Ensemble, nous pourrons rétablir un climat de confiance, la responsabilisation et la transparence dans les finances de la province. Et nous pourrons le faire en transformant la culture du gouvernement.

Après tout, la bonne gestion des finances publiques n'est pas seulement un impératif fiscal. C'est aussi une obligation morale.

Nous entendons protéger les services de première ligne et nous veillerons à ce que notre province soit moderne et financièrement viable pour cette génération et pour les générations futures.

Merci.

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